Au 61, rue Wellington Sud, 14 logements ont été rénovés. La partie inférieure du bâtiment sera rénovée cet automne.
Au 61, rue Wellington Sud, 14 logements ont été rénovés. La partie inférieure du bâtiment sera rénovée cet automne.

Immeubles Must Urbain veut toujours investir au centre-ville

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
L’entrepreneur Philippe Dusseault a encore de gros projets au centre-ville de Sherbrooke. Malgré la pandémie, le président des Immeubles Must Urbain a dans les plans d’amorcer la rénovation de la façade et du loyer commercial du 61, Wellington Sud à l’automne. La construction d’une nouvelle bâtisse de plusieurs étages est encore dans ses cartons.

Au 61, rue Wellington Sud, 14 logements ont été rénovés. M. Dusseault attend que le locataire actuel du logement commercial, la Coalition des travailleurs de rue, se relocalise pour amorcer la réfection de la partie inférieure du bâtiment datant de 1900. Ils devraient déménager dans les environs du premier septembre. « On va avoir plus le champ libre », commente-t-il, ajoutant que tous les loyers des étages supérieurs sont loués. 

« COVID oblige, le téléphone sonne moins qu’il ne sonne au niveau des espaces à bureaux. Mais on a toujours ça dans nos cartons, oui », assure Philippe Dusseault. 

Dans les plans de M. Dusseault, le nouveau bâtiment situé tout près du 61, rue Wellington Sud serait érigé avant que la Ville refasse la rue. « On est en pourparlers. On n’a pas encore clairement défini de ce qu’on voulait faire. On parlait d’un bâtiment de cinq étages, après d’un bâtiment plus élevé. On a fait des représentations avec la Ville à savoir combien de stationnements on allait pouvoir avoir dans le stationnement en face [...] On ne se cachera pas que 80 % du stationnement est réservé pour l’entrepreneur du projet. On a posé des questions, mais on n’a pas reçu les réponses. Si on érige un projet de cinq ou six étages, il faut le desservir », rappelle l’entrepreneur. 

D’ailleurs, M. Dusseault et son équipe étudient à l’heure actuelle la vocation de la bâtisse. « Est-ce qu’il pourrait y avoir un seul étage commercial et quatre résidentiels, si la bâtisse a cinq étages? C’est ce qu’on étudie. Je suis certain qu’il y a encore de la place dans le résidentiel. Mais dans le commercial, c’est plus lent », renchérit Philippe Dusseault.

COVID-19

Selon le président des Immeubles Must Urbain, la pandémie n’a pas d’impact sur la compagnie ou sur les locataires, mais en a sur les projets en développement. « Par exemple, on avait un projet au 380 rue King Ouest. Ça repositionne les besoins des entreprises en terme de superficie locative. Est-ce qu’ils vont avoir d’aussi grands besoins en bureaux, compte tenu du télétravail? La réponse est non. Est-ce que ça va revenir de 10 ans? Pour l’heure, ça modifie clairement les besoins en terme de bureaux. Avant de construire des pieds carrés de bureaux au centre-ville, il faut des clients. Ça va redessiner les besoins d’affaires de ce qu’on fait », analyse l’homme d’affaires, ajoutant que la COVID a également une incidence pour ce qui est de la location résidentielle. 

« Les gens travaillent à la maison. Ils pouvaient se contenter d’un 3 et demi, mais vont prendre un 4 et demi, car ils ont un bureau à la maison, explique-t-il. Les impacts de la COVID-19 sont importants sur le volet résidentiel et sur la façon dont le parc immobilier va cheminer en termes de superficie locative à bureaux, entre autres. Le commercial est hyper affecté. On ne sait pas si un paquet de commerces va passer à travers. D’avoir des rez-de-chaussée commerciaux à louer — je suis chanceux, je n’en ai pas sur les bras —, mais quelques-uns en auront à louer tantôt. »

Est-ce inquiétant pour un entrepreneur qui a beaucoup investi dans le centre-ville dans les dernières années? « Ce n’est pas plus inquiétant au centre-ville qu’ailleurs, répond M. Dusseault. S’il y a quelque chose, on a souvent des valeurs locatives un peu inférieures à ailleurs en ville, dans des bâtiments neufs. C’est une question globale. »