La crue printanière d’avril 2014 a été marquante au garage municipal, alors que des employés s’étaient fait transporter vers la sortie par une pelle mécanique.

Il y a urgence de déménager le garage municipal

Le déménagement du garage municipal, reporté de budget en budget depuis quelques années, deviendra une priorité des élus dans l’actuel exercice budgétaire. Le maire Steve Lussier estime qu’il y a urgence d’agir. En tenant compte des dommages causés lors de la dernière inondation semblable en 2014, on estime que les crues du week-end entraîneront des dépenses dépassant 500 000 $ aux installations de la rue des Grandes-Fourches.

Le coût réel sera connu dans trois à quatre semaines.

Le directeur général Daniel Picard a dressé un portrait des dommages lundi, en plus de plaider pour un déménagement dans un horizon d’un à deux ans. « Nous pourrions alors être à notre place pendant les sinistres au lieu de dépenser nos énergies à nous protéger. Il ne faut pas attendre un drame. Nous avons un employé qui est tombé dans l’eau en sortant du travail. Heureusement, il savait nager. »

Le coût d’un nouveau garage est estimé à 40 M$.

« Il y a urgence d’agir... Je me suis rendu sur place pour constater les dégâts. Ça fait deux fois qu’on se fait inonder cette année. L’analyse est loin d’être terminée. Je suis en contact avec le ministre François Bonnardel. Il n’a pas vu le garage municipal encore, mais ça fera partie des pourparlers pour voir les subventions que nous pourrons aller chercher », commente le maire Steve Lussier.

La Ville possède déjà un terrain destiné au garage municipal dans le parc industriel.

« Un terrain nous appartient sur la rue Hector-Brien. Il n’est pas aménagé. C’est un terrain en pente, avec des milieux humides, une conduite de gaz et une servitude d’Hydro-Québec. C’est pour ça que le projet est évalué à 40 M$. Si on le faisait ailleurs, ça coûterait moins cher », confirme Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke.

Un budget avait déjà été réservé pour le déménagement du garage municipal dans les dernières années, mais les fonds ont finalement été alloués pour louer des espaces dans l’ouest de la ville et pour refaire du pavage.

Il n’est pas impossible que la Ville soit admissible à une subvention pour réaliser le déménagement.

« Si on veut être capables d’atterrir avec le projet, il faudrait peut-être le rendre plus réaliste pour que cette fois soit la bonne », dit le conseiller Vincent Boutin.

« Nous avons encore des journées de travail pour le budget et nous devrons passer de la parole aux actes. Il y a des enjeux humains et environnementaux », ajoute Nicole Bergeron.

« Il n’est pas normal de faire travailler des gens dans des conditions comme ça. Nous devrons nous y pencher rapidement », estime Danielle Berthold.

Daniel Picard suggère d’ailleurs de relocaliser de façon permanente, d’ici un mois ou deux, les employés qui n’ont pas besoin d’être physiquement au garage municipal. Les autres travailleraient désormais au deuxième étage pour ne plus subir les impacts des inondations. « D’ici un à deux mois, nous souhaiterions que le conseil débloque un budget pour déplacer les employés de bureau. Nous demandons de ne pas les laisser dans cet endroit-là. »

Daniel Picard

En matière de dégâts, M. Picard confirme que la presque totalité de l’ameublement du premier étage est irrécupérable. « Il y a des camions qu’on était en train de réparer que nous n’avons pas été en mesure de sortir. Il faudra donner un contrat pour défaire la base des murs, pour désinfecter, parce que des gens continueront de travailler là. Nous n’avons pas constaté de problèmes de structure pour le moment. »

Une soixantaine d’employés travailleront dans le centre de mesure d’urgence de façon temporaire, pour les trois à quatre prochaines semaines.

Il a été question lundi entre les élus des 700 tonnes de sel à déglacer qui auraient pu être dissoutes par les crues. L’information a été démentie en soirée par les services municipaux.