Benoit Lapointe

Il risque la prison pour avoir agressé une escorte

Benoit Lapointe qui a agressé sexuellement une escorte à Sherbrooke restera en prison avant de se voir imposer sa peine. Si elle rendra sa décision, vendredi, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec a laissé entrevoir que ce séjour en prison devrait se poursuivre.

« Reste à déterminer de la durée et des modalités », a indiqué la juge Desgens.

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L’individu de 58 ans s’est adressé au tribunal, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke lors des observations sr la peine.

Lapointe a plaidé son isolement et sa rechute dans l’alcool pour expliquer ses gestes.

« À un moment donné, il faut assumer les conséquences de ses actes », a signalé la juge Desgens.

Plaidant selon le mandat donné par Lapointe, Me Mélissa Gilbert a réclamé des travaux communautaires.

« Je comprends très bien que le tribunal va se rendre à une peine d’emprisonnement. Je vous plaide une peine mixte à purger les fins de semaine avec le maximum de travaux communautaires. Mon client veut sortir de son isolement et se mettre en marche », a plaidé Me Gilbert qui demande que la thérapie faite par Lapointe devrait être tenue en compte.

La procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion réclame une peine de 12 à 15 mois de détention.

Elle a fait remarque que l’accusé continue à se présenter en victime.

« Vous avez entendu les conséquences sur la victime. La victime se décrit comme une travailleuse automne qui vit des fruits de la prostitution. Il faut tenir compte du crime commis sur une personne extrêmement vulnérable. Il faut dissuader de façon exemplaire le comportement de Benoit Lessard », a plaidé Me Dorion qui rappelle que la victime a choisi de faire confiance au système judiciaire qui n’est pas dans son habitude.

Gestes

Lapointe qui a été reconnu coupable de voies de fait causant des lésions et d’avoir obtenu des services sexuels contre rétribution, a brisé ses conditions alors qu’il était en attente de sa peine.

Il est détenu depuis le 3 novembre dernier pour avoir brisé ses conditions de remise en liberté.

Il a alors conduit son véhicule après avoir consommé de l’alcool. Il n’était pas en état d’ébriété, mais il avait consommé de l’alcool ce que lui interdisaient ses conditions de remise en liberté.

Le 7 avril dernier, Lapointe avait sollicité des services sexuels d’une femme de l’industrie du sexe à Sherbrooke.

Lapointe s’est rendu dans le stationnement d’un immeuble de la rue du Conseil avec la femme de 26 ans.


« Je ne me souviens pas de tout. Je me souviens de l’avoir prise par les cheveux et l’avoir tiré dehors. »
Benoit Lapointe

Une dispute entre les deux a commencé pour un différend de 15 $.

Lapointe a alors frappé à coups de poing et coups de pied la victime au visage avant de l’expulser de son véhicule en la tirant par les cheveux. La victime a subi d’importantes blessures qui l’ont défigurée.

« Je ne me souviens pas de tout. Je me souviens de l’avoir prise par les cheveux et l’avoir tiré dehors. J’ai eu vraiment peur », a indiqué Lapointe avant que la juge Desgens lui fasse remarquer qu’il se rappelait seulement de ce qui lui était arrivé, mais pas de ce qu’il avait fait à la victime.

Cheminement

L’individu de 58 ans a témoigné lors des observations sur la peine. Il fait des assemblées des Alcooliques anonymes et des assemblées chrétiennes.

« Je déterre des affaires avec mon psychologue. Pourquoi j’ai réagi de cette façon avec la victime », a indiqué M. Lapointe.

Il affirme qu’un diagnostic de l’hépatite C dans les années 90 l’a plongé dans la déchéance.

« J’ai vécu plusieurs années de rejet, d’accusation et de mépris. Tout ça m’a amené à m’isoler, à ne pas me respecter et à me consoler. J’allais voir les filles de joie pour combler certains besoins. J’ai vu des liens avec la demoiselle que j’avais embarquée pour avoir du plaisir. J’ai eu peur d’être contaminé. J’ai fait des niaiseries parce que j’étais en consommation. Je reconnais que la consommation, tu ne sais pas où ça finit. Ça va contre mes valeurs spirituelles de fréquenter ces gens-là. Ça mal fini pour elle et ça mal fini pour moi » a reconnu l’accusé.

La victime de 26 ans avait témoigné des conséquences du crime lors des observations sur la peine. 

« J’ai plus peur des hommes. Je me promène avec un couteau. Je ne vais plus dans les véhicules où je ne fais pas confiance au client. Je n’ai pas envie que ça se reproduise. Je ne me mets plus dans des situations à risque ce qui fait que je fais moins de clients », a expliqué la victime qui vit encore avec des séquelles des coups au visage portés par Lapointe.