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« À l’heure où plusieurs craignent une pénurie de personnel dans certains secteurs sollicités par la pandémie, il importe de s’inquiéter d’un danger moins visible, mais aussi pernicieux, car son effet se répercutera sur tous les services à long terme : la pénurie d’enseignantes et d’enseignants dans certains programmes du milieu collégial » indiquent les syndicats dans une lettre d'opinion envoyée aux médias.
« À l’heure où plusieurs craignent une pénurie de personnel dans certains secteurs sollicités par la pandémie, il importe de s’inquiéter d’un danger moins visible, mais aussi pernicieux, car son effet se répercutera sur tous les services à long terme : la pénurie d’enseignantes et d’enseignants dans certains programmes du milieu collégial » indiquent les syndicats dans une lettre d'opinion envoyée aux médias.

«Il ne faut pas négliger la formation», implorent des enseignants du milieu collégial

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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Inquiets de l’attractivité de certains programmes techniques au collégial pour les enseignants, dont les soins infirmiers, les syndicats du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS) et du Collège Champlain de Lennoxville (SECCL) s’unissent pour de meilleures conditions de travail.

« À l’heure où plusieurs craignent une pénurie de personnel dans certains secteurs sollicités par la pandémie, il importe de s’inquiéter d’un danger moins visible, mais aussi pernicieux, car son effet se répercutera sur tous les services à long terme : la pénurie d’enseignantes et d’enseignants dans certains programmes du milieu collégial », ont exprimé les deux syndicats dans une lettre ouverte envoyée aux médias.

En négociation depuis bientôt un an avec le gouvernement Legault pour leur convention collective, les deux instances craignent des ruptures de service dans leur établissement par manque d’effectifs. « Sans futures infirmières, difficile de répondre à la pénurie actuelle dans les hôpitaux », rappelle Julie Dionne, présidente du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke, affilié à la CSN.

« Il y a vraiment un enjeu de ressources au Cégep de Sherbrooke, indique-t-elle. Les professeurs font des pieds et des mains pour atteindre leur mission et l’enjeu se répand à travers la province. Le recrutement devient de plus en plus difficile. Ça nous prend des conditions concurrentielles pour aller chercher des enseignants compétents. »

Et lorsqu’elle parle de meilleures conditions, Julie Dionne fait surtout référence au salaire d’entrée des nouveaux enseignants. 

« Au dernier échelon, nous sommes assez près d’une entente satisfaisante. L’enjeu touche précisément les nouveaux enseignants qui ont de la difficulté à obtenir un temps complet en plus d’avoir un salaire non compétitif », précise-t-elle.

Le président du SECCL, Nicolas Lecomte, mentionne à son tour que les techniques collégiales dans les domaines de l’informatique et de la comptabilité sont aussi en péril au Collège Champlain alors que les postes en enseignement ne sont pas convoités. 

« Comme il s’agit souvent de remplacement lors d’un arrêt maladie, par exemple, les postes sont précaires et donc peu intéressants. Difficile dans ces moments de rivaliser contre le secteur privé qui offre de meilleures conditions de travail », déplore-t-il.  

Julie Dionne, presidente du syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS).

L’appui de la communauté

Selon les deux instances, la négociation actuelle est cruciale pour l’avenir des programmes collégiaux dans le réseau d’éducation public. C’est pour cette raison, notamment, que les enseignants du SPECS ont voté à l’unanimité pour une augmentation des moyens de pression menant vers une possibilité de grève.

« Nos membres sont prêts à se battre. Ils constatent que la survie des cégeps dépend de cette négociation », explique Julie Dionne. Si les syndicats souhaitent prendre la parole publiquement, c’est aussi pour expliquer à la population ce qui les motive à agir ainsi.

« Nous sommes dans une situation très particulière avec la pandémie. On est conscient que le moment n’est pas idéal, mais c’est l’ensemble des services publics, tant en santé qu’en éducation, qui s’écroule pour cause de mauvaises conditions de travail. Nous n’avons plus de marge de manœuvre pour nous adapter », déplore la présidente du SPECS.

Le Syndicat des enseignants du Collège Champlain de Lennoxville, affilié à la CSQ, a pour sa part voté à plus de 70 % pour cinq journées de grève à venir « au moment jugé opportun ».

« Nous avons accepté de mettre nos demandes sur pause pour concentrer les efforts sur la gestion de la pandémie. Maintenant, nous sommes prêts à négocier. Il y a toutefois des blocages importants autour de la table et cela créé de la frustration », ajoute Nicolas Lecomte.

« Le gouvernement actuel dit avoir fait de l’éducation une priorité. Il est maintenant temps qu’il le démontre », conclut la lettre ouverte envoyée par les syndicats du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke et du Collège Champlain de Lennoxville.