Le retour progressif des enfants dans les garderies s’est bien déroulé, sauf pour certains éducateurs et éducatrices qui trouvent un grand inconfort dans le port du masque et de la visière.
Le retour progressif des enfants dans les garderies s’est bien déroulé, sauf pour certains éducateurs et éducatrices qui trouvent un grand inconfort dans le port du masque et de la visière.

Humeur variable dans les CPE

Sherbrooke — L’humeur des éducateurs et éducatrices en garderie était variable, lundi, lors de la réouverture progressive des garderies. Si tout se passait bien dans certains CPE, on parlait d’un environnement de travail « sécuritaire, mais sans qualité » dans d’autres établissements.

« Le port du masque et de la visière est notre plus grand défi. C’est le choc, car certains ont de la difficulté à respirer avec le masque et certains ne voient pas bien avec les visières. J’ai un éducateur qui a des lunettes et avec la visière, ça fait de la buée. Et comme c’est une obligation de la Santé publique et non une suggestion, on n’a pas le choix. On aurait aimé plus de souplesse, surtout à l’extérieur », explique une directrice générale d’un CPE de la région qui préfère garder l’anonymat.

Ce CPE a accueilli sept enfants de parents qui travaillent dans des secteurs essentiels au cours des dernières semaines. Lundi, les éducateurs retrouvaient 35 enfants qui fréquentent le CPE habituellement, ce qui représente 27 pour cent de la capacité totale.

« On sait que le masque et la visière servent à nous protéger et on le comprend bien, mais certains employés ne comprennent pas pourquoi ça devient obligatoire alors que ça fait huit semaines qu’on travaille sans ces équipements avec des enfants de parents qui travaillent dans le milieu de la santé et qui auraient pu être en contact avec le virus. Et cet été, à 30 degrés, ce sera encore moins drôle. Faudra choisir entre la sécurité et la santé mentale des employés », ajoute la directrice générale, qui avait envoyé un courriel à tous les parents la semaine dernière.

« On a fait un sondage pour connaître les intentions des parents et on n’a pas eu à refuser aucun enfant. J’ai demandé aux parents des enfants qui seraient de retour de les préparer en leur expliquant qu’il y aurait moins d’amis et qu’ils devraient se tenir plus loin, que les éducateurs auraient des masques, qu’il y aurait moins de jouets. On est content que ce retour se fasse en mai, car on connait nos enfants », mentionne la directrice précisant que les enfants plus vulnérables ont spécifiquement été invités à revenir au CPE.

Les trois installations du CPE sherbrookois Imagémo sont aussi demeurées ouvertes comme centres d’urgence pendant la pandémie. Le retour de leurs enfants réguliers s’est bien déroulé.

« Tout se passe bien. Nos éducatrices ont eu des craintes à la mi-mars, mais maintenant qu’elles constatent que tout se déroule bien, elles sont confiantes. Nous sommes présentement à 30 pour cent de notre capacité totale, comme le suggère le ministère, dans deux de nos établissements. Pour le troisième, on dépasse un peu avec 37 pour cent de notre capacité », explique Roselyne McLaughlin, directrice générale des CPE sherbrookois Imagémo, précisant qu’aucun cas de COVID-19 n’a été déclaré autant chez son personnel que chez les bambins qui ont fréquenté les installations.

La directrice convient que la distanciation sociale est un casse-tête dans une garderie, mais que plusieurs autres mesures d’hygiène viennent minimiser la possible contagion.

« Depuis ce matin, nos éducatrices ont des masques. Les parents ne peuvent pas rentrer dans nos installations. On a une personne par installation qui est dédiée à la désinfection notamment des jouets. Ces mesures font en sorte que les parents sont confiants », explique la directrice générale.

Les CPE augmenteront leur capacité à 50 pour cent le 25 mai et le 22 juin, ils atteindront leur 100 pour cent. « À ce moment-là, ce sera plus compliqué alors c’est peut-être ça qui nous inquiète davantage », souligne Mme McLaughlin, précisant que depuis le début de la pandémie deux des trois installations étaient à 20 pour cent et la troisième déjà à 30 pour cent.

Le ratio est d’un éducateur pour quatre bambins et un pour deux poupons, ce qui représente la moitié des enfants normalement supervisés par les éducateurs.

« J’ai un parent qui a changé d’idée à la dernière minute. Je pense que c’est peut-être pour des raisons financières, car il avait mentionné dans le sondage qu’il avait besoin du service de garde pour une seule journée par semaine. Mais dans ce cas, les parents doivent payer selon la fréquentation régulière et son enfant venait 5 jours par semaine avant la pandémie », ajoute la directrice anonyme.