L’Association canadienne des dons d'organes rend hommage aux donneurs d’organes et aux bénévoles

Hommage aux donneurs d'organes : pour ceux qui attendent

Sonia Maheu avait besoin d’un cœur et de poumons pour survivre. Elle a patienté pendant près de quinze ans pour recevoir ces précieux organes... qui ne sont jamais venus. Mme Maheu s’est éteinte tout doucement en janvier dernier. Elle avait 48 ans.

« Son cœur a lâché, tout simplement », s’attriste son conjoint Éric Winters. La Sherbrookoise, fière ambassadrice du don d’organes et de tissus dont elle avait fait sa mission, a néanmoins réussi à faire un don de tissus après son décès. Elle a reçu vendredi le titre posthume de « grande ambassadrice de la santé » pour ce don de vie ultime, titre qui lui a été remis dans le cadre de la 25e cérémonie de l’Association canadienne du don d’organes et de tissus (ACDO).

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Au Québec, environ 400 personnes décèdent chaque année dans des conditions qui permettent le don d’organes. Environ 25 % des familles refusent encore cet ultime don de vie qui pourrait sauver de nombreuses vies par le biais des organes bien sûr, mais aussi des tissus (cornées, tendons, valves cardiaques, peau...).

Éric Winters peut comprendre. Même si sa conjointe a si longtemps attendu les organes qui lui auraient permis de gagner de nombreuses et belles années de vie, lui-même a sursauté quand on l’a approché pour lui parler du don de tissus.

« J’ai dit : “Oh minute!” Alors je peux comprendre les gens qui hésitent. Même ceux qui disent non... Mais ce que je peux dire, c’est merci, merci à tous ceux qui font le choix de donner les organes dans ces moments de douleur », soutient-il.

Éric Winters a perdu sa conjointe des vingt dernières années, Sonia Maheu, qui a attendu une greffe de cœur et de poumons depuis une quinzaine d’années... en vain. À sa mort, elle a pu faire don de tissus.

France Bédard a aussi vécu la même tragédie. Un beau matin d’hiver, son conjoint est parti travailler. En pleine forme. Mais il ne s’est jamais rendu au travail. On ignore encore si c’est l’accident de la route qui lui a coûté la vie ou s’il a eu un malaise avant d’avoir l’accident.

« L’accident est arrivé le 18 décembre. Au fil des jours, le médecin prononçait de plus en plus les mots « irréversibles ». Dans notre couple, c’était clair : on ne voulait pas vivre branchés à des machines. Alors le 27 décembre, nous avons pris la décision de le débrancher. Sylvain (Ducharme) a donné ses deux reins et des tissus. On sait que les transplantations des deux reins ont bien fonctionné. On en est très fiers. Sylvain aidait toujours tout le monde, tout le monde l’aimait, il était toujours là pour tout le monde. C’était clair qu’il aurait voulu donner ses organes, c’est son dernier don sur la Terre et il en aurait été fier », a souligné celle qui était présente à la cérémonie en compagnie de leurs deux grands enfants.

Le fondateur et président de l’ACDO, le policier retraité Richard Tremblay, se fait encore un grand défenseur de la cause du don d’organes et de tissus au Québec.

« Tant qu’il y aura des gens sur les listes d’attente, il va falloir continuer de se battre », assure-t-il.

Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec, insiste aussi sur un point essentiel : les gens doivent parler de leur volonté de donner leurs organes et expliquer à leurs proches pourquoi c’est important pour eux.

Au 30 septembre 2018, près de quatre Québécois sur 10 ont officialisé leur consentement au don d’organes et de tissus dans l’un des deux registres du Québec, soit celui de la Régie de l’assurance maladie ou dans celui de la Chambre des notaires du Québec. Pour plus d’informations, il est possible de visiter le site www.signezdon.qc.ca.

France Bédard a perdu son conjoint Sylvain Ducharme, qui s’est éteint subitement en décembre dernier. Il a fait don de ses reins et de ses tissus, ce qui apporte beaucoup de fierté aux membres de sa famille.