Hausse des tarifs de stationnement : « un manque de timing »

L’Association des gens d’affaires du centre-ville (AGACV) dénonce la façon dont la hausse du tarif horaire de stationnement a été orchestrée. Sans être catastrophé par l’augmentation des frais de stationnement de 0,25 $ l’heure annoncée par l’administration municipale, le président de l’AGACV, Alexandre Hurtubise, parle d’un manque de timing et croit que cette hausse fait partie d’un plan de sauvetage du budget.

« Ce qui me surprend, c’est qu’il n’y a eu aucune discussion à ce sujet au préalable. Nous sommes pourtant en train d’élaborer une politique de gestion des stationnements, une politique qui nécessite une réflexion d’une dizaine de mois. Jusqu’à maintenant, en plusieurs points, la communication avec la Ville va bien. C’est avec l’administration que nous faisons affaire. Cette décision semble toutefois émaner du conseil dans l’élaboration du budget. Ça nous paraît une solution réactive pour arriver sous un certain seuil de taxation. Il fallait boucler le budget, sans dépasser un certain seuil d’augmentation, on n’a pas cherché longtemps et on a mis le doigt sur cette solution qui semblait bien simple », réagit M. Hurtubise.

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Le président de l’AGACV s’avance jusqu’à dire que certains fonctionnaires participant à la réflexion sur les stationnements n’avaient pas été avisés de cette hausse non plus. « C’est beaucoup plus la façon de faire que le résultat qui nous dérange. Nous ne souhaitons jamais une hausse des tarifs, mais il y a d’autres éléments en haut de notre liste de priorités.

« La création de cette politique émane directement des différentes rencontres, consultations et comités liés au développement du centre-ville, à la reconstruction prochaine d’infrastructures municipales et aux multiples projets majeurs présentement en cours de planification. En fin de compte, c’est le comité politique de revitalisation du centre-ville, composé de huit élus, qui a officiellement demandé à ce que Sherbrooke se dote d’une telle politique », ajoute-t-il.

Alexandre Hurtubise

La politique en question vise à baliser les tarifs, les horaires, la signalisation, mais aussi la façon de gérer, de bâtir et de positionner les stationnements. Doit-on changer les heures des périodes tarifées? Le stationnement doit-il être gratuit pendant la période des Fêtes? Ces sujets font partie de la réflexion.

« C’est un mauvais timing dans les communications avec la Ville. Nous aurions facilement pu en parler et compenser la hausse de revenus nécessaire. Nous aurions pu faire cette annonce en même temps que la politique de stationnement. Comme nous discutons, il n’y avait pas de raisons de sortir ça tout seul. Des décisions prises de cette façon comme nous en avons vu plusieurs au courant de la dernière année, ne nous aident pas à voir émaner un leadership clair provenant de notre conseil municipal. »

Alexandre Hurtubise convient que les tarifs n’avaient pas changé depuis 2009 et que certaines villes imposent des frais plus élevés. « Mais il n’y a pas d’autres villes qui ont autant de contraintes que nous. »

C’est sans compter que des travaux importants pour transformer le centre-ville, sur la rue Wellington Sud et dans le secteur du pont des Grandes-Fourches, pourraient avoir un impact sur les commerces environnants. « C’était une suggestion de rendre le stationnement gratuit comme mesure de mitigation pendant les travaux pour éviter de perdre de la clientèle. »

« Nous serons plus critiques envers la future politique de stationnement que nous attendons avec impatience ce printemps. Nos attentes sont claires et nous espérons y voir le retour du balancier. »

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La Chambre de commerce reste prudente

La Chambre de commerce de Sherbrooke (CCS) estime que l’augmentation des dépenses de 14,7 M$ de la Ville de Sherbrooke devra être « scrutée à la loupe ». Son président, Claude Denis, a réagi dans un communiqué publié mardi.

Entre autres critique, le président de la Chambre de commerce de Sherbrooke souhaite que les contrats des futurs employés soient analysés. Il rappelle que la masse salariale augmentera de 6 M$ en 2019.

Il salue l’investissement de 1 M$ au Service de police de Sherbrooke, mais s’interroge comme l’Association des gens d’affaires du centre-ville, sur la nouvelle tarification des stationnements, imposée sans que les commerçants soient avisés.

M. Denis est par ailleurs heureux que la Ville investisse en environnement.

« La Chambre de commerce de Sherbrooke prône la rigueur du budget et souhaite que le conseil ne déroge pas de ses objectifs visés », lit-on encore dans le communiqué.

Rappelons que la CCS avait salué le gel de taxes du premier budget de l’administration Lussier.