La maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale l’Escale de Sherbrooke s’attend à une hausse importante des demandes d’admission.

Hausse appréhendée à la maison d’hébergement l’Escale

La maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale l’Escale de Sherbrooke s’attend à une hausse importante des demandes d’admission.

« Avec les autres collègues de maisons d’hébergement en province, nous appréhendons ce contexte explosif. Les gens vivent en proximité dans un contexte stressant. Ça ne s’est pas encore matérialisé, mais nous attendons une hausse importante », explique la directrice de l’Escale de l’Estrie, Céline Daunais-Kenyon.

Elle craint que la question financière dans un contexte où plusieurs personnes se retrouvent momentanément sans emploi puisse aussi accentuer les tensions dans les familles.

« L’argent présente souvent une source de tension. Lorsque les gens n’ont plus d’argent pour manger ou payer les comptes, il peut y avoir une hausse de la violence conjugale », analyse la directrice de l’Escale de l’Estrie.

Les règles de distanciation sociale imposent un défi supplémentaire pour les maisons d’hébergement.

« Notre famille est très grande. Nous travaillons à la sensibilisation avec des mesures préventives. La distanciation sociale est de mise », assure Céline Daunais-Kenyon.

Elle soutient que des mesures sont prises pour les femmes qui arriveront à la maison l’Escale au cours des prochaines semaines.

« Il y a une série de questions de santé qui s’ajouteront à celles en lien avec la violence conjugale. Les femmes et leurs enfants qui sont accueillis devront prendre leur douche dans un logement à part. Les valises et les vêtements seront laissés de côté sans être touchés le temps nécessaire pour que le virus ne soit plus actif. Le port du masque et la distanciation sociale seront obligatoires pour assurer la santé et la sécurité de tous », soutient Mme Daunais-Kenyon.

La maison d’hébergement l’Escale assure que le service d’hébergement d’urgence va rester ouvert malgré la crise de la COVID-19, mais que les services externes ont été suspendus.

« Les rencontres et les consultations en suivi sont annulées pour le moment. Même chose pour les ateliers thématiques et les rencontres de groupe », signale la directrice de l’Escale de l’Estrie.

Depuis décembre 2019, la seule maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale à Sherbrooke dépasse son taux d’occupation.

« Nous sommes au-dessus du 100 pour cent depuis plusieurs mois. Nous n’avons pas de plan B pour avoir plus de places avec la hausse anticipée au cours des prochaines semaines. Et ce n’est pas avec les sommes données par le gouvernement pour les maisons d’hébergement lors du dernier budget que la situation va s’améliorer et que nous pourrons offrir plus de places », déplore la directrice de l’Escale de l’Estrie.