Filmé en train de commettre une agression sexuelle causant des lésions en janvier 2017, Angel-Émiro Guapacha connaîtra son sort avant la fin de l’été.

Guapacha soutient avoir été drogué à son insu

Angel-Emiro Guapacha soulève avoir été drogué à son insu et demande un arrêt des procédures parce qu’il soutient que la preuve dans son dossier pour agression sexuelle causant des lésions à Sherbrooke en janvier 2017 ne lui a pas été entièrement divulguée.

L’avocat de la défense Me Christian Raymond soulève que Guapacha n’a pas eu accès aux images de toutes les caméras de surveillance du bar sherbrookois où est survenu l’agression sexuelle pour laquelle il a subi son procès le printemps dernier.

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Les images déposées en preuve montrent clairement les gestes en cause.

Lors de sa plaidoirie, jeudi, devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, Me Raymond signale qu’aucune mesure minimale n’a été effectuée pour conserver la preuve vidéo de la nuit du 18 au 19 janvier 2017 qui pourrait soutenir la défense d’intoxication involontaire.

Après avoir présenté ses arguments pour réfuter cette requête, la procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier rappelle que la preuve du geste reproché est accablante.

Elle plaide que la preuve est non équivoque que des gestes à caractère sexuel ont été commis sans le consentement de la victime qui était « intoxiquée et hautement vulnérable ».

« Nous avons une preuve vidéo directe de l’agression sexuelle. C’est une preuve en continu. L’accusé fait des attouchements sexuels durant plusieurs heures et de diverses façons. Cette agression a causé des lésions. La victime saignait et elle a mentionné qu’elle a eu des douleurs pendant un mois », plaide Me Cloutier.

Shooter au goût bizarre

Me Raymond plaide que Guapacha a été drogué à son insu. Il soulève que l’accusé a mentionné avoir bu un shooter avec un goût bizarre et que des shooters lui ont a été versés sans qu’il en soit témoin.

« La première théorie de la défense est qu’elle a constaté les gains de mon client aux machines vidéopoker et a voulu profiter de son argent. La deuxième théorie est que le liquide de la bouteille qui n’est contrôlé par personne a été vidé dans les verres sans que personne sache ce qu’il contenait », avance Me Raymond.

Me Cloutier explique que la défense d’intoxication involontaire n’avait pas été évoquée au moment de l’enquête qui aurait justifié de consulter les caméras de surveillance dans les jours précédant l’événement afin de savoir si une substance intoxicante avait été ajoutée dans les bouteilles d’alcool.

« La preuve perdue ou détruite entraîne un procès inéquitable. Dans notre cas, l’obligation de divulgation a été violée. Un élément de preuve pertinent a été perdu. Les images vidéos ont été perdues en raison d’une négligence inacceptable des policiers » soulève Me Raymond.

Manque de communication

La procureure aux poursuites criminelles admet dans sa réplique qu’il y a eu un manque de communication entre les différents acteurs du dossier concernant ces images.

« Cependant, il n’y a eu aucune mauvaise foi. Il n’y avait aucun objectif de priver l’accusé d’une défense pleine et entière. On ne peut pas parler de négligence inacceptable des policiers », affirme Me Cloutier.

Me Christian Raymond rappelle qu’il a appris « en plein cœur du procès » que seulement trois caméras sur les 16 de l’établissement où est survenue l’agression sexuelle avaient été divulguées.

Il soutient que les policiers ne se sont pas assurés d’avoir toutes les images pertinentes et qu’elles puissent être conservées.

« Ils se sont fiés à un témoin pour avoir les images pour amener à la condamnation d’un suspect au lieu d’avoir toutes les images pour éclaircir l’ensemble de l’événement », soulève Me Raymond.

Me Gabrielle Cloutier rappelle que c’est le propriétaire de l’établissement qui avait le contrôle des images des caméras de surveillance de l’établissement.

« L’enquêteur était convaincu que la totalité des images se trouvait sur la clé USB qui lui a été remise. Jamais il ne pensait qu’un tri avait été fait par le propriétaire du bar. Il n’y a aucune raison de croire qu’il n’a pas les images en totalité. Il y a douze heures d’images vidéo qui montrent presque toutes les interactions entre l’accusé et la plaignante. Les trois points de vue remis sont les plus pertinents », affirme Me Cloutier.

La juge Desgens a pris la cause en délibéré. Elle devrait rendre sa décision le 4 septembre.