Le président du SCCCUS, Vincent Beaucher —
Le président du SCCCUS, Vincent Beaucher —

Grève: environ 1100 cours annulés à l’UdeS

Environ 1100 cours sont annulés à l’Université de Sherbrooke en raison de la grève illimitée des chargés de cours, déclenchée tôt lundi matin. Les quelque 2550 membres du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UdeS (SCCCUS) offrent la moitié des cours de l’institution, majoritairement au premier cycle. Au premier matin du débrayage, le président de la Fédération étudiante de l’UdeS (FEUS), Albert Bourassa, souhaitait que le conflit de travail ne s’étire pas, voulant éviter à tout prix des mesures de rattrapage.

Le SCCCUS évalue que 75 % des cours du premier cycle sont offerts par des chargés de cours.

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Les chargés de cours de l'UdeS se donnent un mandat de grève

« On ne voudrait pas aller de l’avant avec des mesures de reprise qui étireraient la session », illustre le président de la FEUS, qui représente environ 14 000 étudiants. 

Certaines facultés sont plus touchées que d’autres : c’est le cas au campus de Longueuil, où on retrouve environ 800 membres du SCCCUS. La faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) est épargnée de son côté.

« Théoriquement, on est en grève jusqu’à ce qu’on ait une entente de principe à présenter à nos membres », note le président du SCCCUS, Vincent Beaucher. 

Négociations et conciliateur

La convention collective du SCCCUS est échue depuis le 31 mars 2018. Les parties syndicale et patronale ont négocié quatre jours pendant la semaine de relâche, en plus de mener un blitz de négociation ce week-end. Un conciliateur a été nommé au dossier en janvier.

Le vice-recteur aux ressources humaines de l’UdeS, Jean Goulet, était certain, dimanche soir, que les deux parties en viendraient à une entente. L’annonce du débrayage est finalement tombée peu avant 8 h lundi. « Il y avait beaucoup d’attente de part et d’autre. On a convenu qu’on était dans une impasse », indique Vincent Beaucher. 

Qu’est-ce qui a fait achopper le dossier?

M. Beaucher montre du doigt la gestion du centre de formation Laurent-Beaudoin, à Longueuil, où l’on retrouve des membres du SCCCUS, mais où la convention collective ne s’applique pas. 

« Il manquait une garantie selon laquelle la convention collective allait s’appliquer. On voulait trouver un terrain d’entente pour que ça convienne; il manquait une garantie de base », commente-t-il en indiquant que la direction souhaite une plus grande latitude pour ce centre. 

Environ 1100 cours sont annulés à l’Université de Sherbrooke en raison de la grève illimitée des chargés de cours, déclenchée tôt lundi matin. Les quelque 2550 membres du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UdeS (SCCUS) offrent la moitié des cours de l’institution, majoritairement au premier cycle.

Point de vue différent

Le point de vue du vice-recteur Jean Goulet différait cependant grandement sur ce dossier, estimant qu’il était réglé.

« Le centre existe depuis 40 ans. Depuis 40 ans, on a une pratique passée, que l’on appelle ainsi dans le monde du travail. Le SCCCUS a toujours accepté ça et là, soudainement, il ne l’acceptait plus, il a dénoncé la pratique passée. On a dû renégocier tout le fonctionnement pour l’attribution des cours. Mais ça, ça a fait partie d’une entente, celle de 6 h du matin. » 

Un chargé de cours reçoit en moyenne 8500 $ pour un cours de trois crédits, soit 45 heures. 

Le SCCCUS souhaite pouvoir se comparer à ses collègues professeurs d’enseignement clinique en sciences infirmières, une comparaison que ne veut pas établir la direction. 

Comparaisons

« On peut les comparer par contre avec des chargés de cours du reste du Québec, et en ce sens-là on n’a pas honte du tout de leurs conditions. On est dans la moyenne des salaires des chargés de cours du Québec, et avec les offres de cette semaine, c’est amplement mieux. Nous, on a une échelle de salaire par rapport aux autres, qui ont un taux fixe. Un chargé de cours qui enseigne chez nous depuis 16 ans va gagner beaucoup plus cher qu’un chargé de cours à Laval, parce que lui gagne le même salaire que la première journée qu’il est arrivé. Notre salaire moyen présentement est de 233 $/l’heure pour le chargé de cours au sommet de l’échelle. On a toujours soutenu qu’on voulait bien rémunérer les chargés de cours qui font carrière chez nous », note M. Goulet.  

Selon l’instance syndicale, environ 2000 des 2550 membres sont au premier échelon. Environ 10 % des membres du SCCCUS sont « des chargés de cours de carrière », selon l’institution.

Le SCCCUS réclame des augmentations de 5,5 % entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2022, attachées à la Politique salariale gouvernementale (PSG).

Rattrapage

Il demande aussi « un rattrapage tournant autour de 8 % pour rester dans la moyenne salariale des chargés de cours des autres universités québécoises ». Le rattrapage est modulé de façon à privilégier davantage les premiers échelons.

L’instance syndicale vise aussi un rattrapage avec ses collègues professeurs d’enseignement clinique en sciences infirmières; ces derniers font un travail similaire aux chargés de cours à forfait.

L’UdeS a fait savoir que certains examens pourraient être maintenus, « dont ceux qui étaient prévus initialement sous la supervision d’une personne non visée par la grève ou qui seront supervisés par une personne-cadre. » Les facultés ont préparé des plans de contingence en prévision du débrayage. 

Les activités et les cours donnés par des professeures et professeurs ainsi que par le personnel enseignant non rattaché au SCCCUS se donnent normalement.

Les deux parties ne savaient pas encore, lundi, à quel moment les négociations reprendraient. 

L’UdeS compte près de 33 000 étudiants.