Il y aura une deuxième demi-journée de grève le 16 mars pour les éducatrices en milieu familial affiliées avec la CSN.

Grève dans les services de garde: « découragées et épuisées »

Les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial augmentent la pression. Elles ont été plus de 3200 affiliées avec la CSN à tenir une demi-journée de grève à l’échelle nationale vendredi pour dénoncer la précarité de leur situation. En Estrie, c’est plus de 50 services de garde à Lac-Mégantic qui étaient touchés.

« Les milieux ferment, les filles sont découragées, elles sont épuisées, mentionne Karine Morisseau, porte-parole et représentante au secteur RSG à la CSN. Ce qu’on veut, c’est de faire avancer les négociations. »

Les RSG–CSN sont en négociation avec le ministère de la Famille pour le renouvellement de leur convention collective.

Selon Mme Morisseau, 4000 RSG ont fermé leur porte dans les trois dernières années, dont 600 depuis novembre dernier. 

« C’est énorme, souligne-t-elle. Oui, il y a une question salariale, mais aussi de surcharge de travail et de manque de reconnaissance. C’est 55 heures en moyenne par semaine alors que notre revenu annuel est basé sur 32 heures. Il n’y a pas assez de milieux qui ouvrent pour compenser ceux qui ferment. L’emploi n’est pas attractif. »

Le revenu moyen d’une responsable en milieu familial se situe entre 26 000 $ et 27 000 $ par année après les dépenses et avant impôt selon Mme Morisseau. La CSN demande une augmentation de 2,5 % par année sur une période de trois ans pour être au-dessus de l’inflation. L’offre du ministère se situerait autour de 6,5 % sur 5 ans.

« Divisez ça par 55 heures par semaine et ça va vous donner une idée de ce qu’on gagne, lance Mme Morisseau qui opère elle-même un service de garde en milieu familial. Notre salaire annuel est directement relié au coût de la vie, car il faut investir dans la nourriture, l’électricité, le programme éducatif et la formation. Plus le coût de la vie augmente, plus mon salaire diminue. »

Il y a aussi beaucoup de méconnaissance dans la population concernant ce qu’il est possible de déduire sur son rapport d’impôt selon la porte-parole.

« Les pièces utilisées pour le milieu de garde sont déductibles, mais uniquement pour les heures utilisées, donne-t-elle en exemple. Souvent on se fait dire qu’on peut tout déduire parce qu’on est une entreprise, mais si ton sous-sol est utilisé pour garder les enfants, il n’est pas déductible le samedi, le dimanche, les soirs et la nuit. On n’a pas 100 % de déductions. »

Une deuxième journée de grève

Il y aura une deuxième demi-journée de grève le 16 mars pour les éducatrices affiliées avec la CSN. 

« Faire la grève ce n’est pas un choix facile, souligne Mme Morisseau, qui estime que la plupart des parents sont derrière eux. On verra ensuite l’évolution des négociations. Si le ministre nous ajoute des dates ou si on reçoit des offres qui laissent sous-entendre qu’un règlement est possible, il n’y aura pas d’autres journées de grève. »

« On reste convaincu qu’on est une porte importante pour le réseau de service de garde au Québec, résume-t-elle. C’est ce qui coûte le moins cher au gouvernement et c’est ce qui est le plus facile à déployer pour donner des services aux parents. Le ministère, avec les offres qu’il va nous faire va lancer un message clair. Est-ce que les RSG sont un service essentiel ou bien on nous montre la porte. »

De son côté, le ministère de la Famille a réagi par courriel vendredi.

« Les négociations avec les syndicats représentant les responsables de service de garde en milieu familial se poursuivent présentement et nous ne négocierons pas sur la place publique, peut-on y lire. Nous déplorons les impacts qu’ont à subir de nombreux parents aujourd’hui et le casse-tête supplémentaire qui leur est imposé. Nous invitons les parties à poursuivre les discussions afin d’en arriver à une entente le plus rapidement possible. »