Jean-François Pion a gravi 14 500 mètres de dénivelé dans son année de préparation en vue de gravir l’Acotango, l’un des plus hauts sommets de l’Amérique du Sud.

Gravir l’Acotango malgré l’arthrite

Jean-François Pion souffre de spondylarthrite ankylosante, une forme d’arthrite qui s’attaque à la colonne vertébrale et qui occasionne beaucoup de douleurs et d’inconfort. Au fil des années, ce père de famille de 47 ans a dû mettre de côté certaines activités qu’il aimait particulièrement à cause de cette maladie qui peut se montrer sans pitié. « Quand je jouais une partie de golf, j’en avais souvent pour trois jours à m’en remettre », se souvient-il.

Mais voilà que les années ont passé et la maladie s’est stabilisée. « Malgré tout, avec le temps, ma santé générale s’est détériorée. Ma santé est devenue une préoccupation et j’avais le sentiment que je devais changer mon mode de vie : manger mieux et bouger plus », raconte-t-il.

Et voilà qu’une de ses amies lui a fait connaître l’an passé le Défi Acotango, un défi sportif caritatif dont l’objectif était d’amasser 50 000 $ pour la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). Le défi? Gravir les 6056 mètres d’un des plus hauts sommets d’Amérique du Sud, l’Acotango.

« Je me suis senti appelé par ce défi. Je suis suivi par un rhumatologue du CHUS depuis une dizaine d’années, et je me suis dit que c’était une bonne façon de redonner à la société et que ça m’inciterait à me remettre en forme », lance cet employé de Cascades à Kinsey Falls.

Homme de défis, Jean-François Pion? Que oui. Avec l’aide d’une kinésiologue et d’un chiropraticien, il s’est remis en forme tout en préservant son dos affecté par la maladie.

« Je m’étais donné un objectif bien personnel de gravir l’équivalent de deux fois l’Acotango dans mon année et je l’ai fait : j’ai gravi 14 500 mètres de dénivelé dans mon année », se réjouit-il.

Son fils Noah, 11 ans, l’a accompagné dans environ 80 % de ses randonnées. « On a vécu de très beaux moments ensemble, il a appris à aimer la randonnée et parfois, c’est lui qui me demandait quelle serait notre montagne de la fin de semaine suivante », se réjouit le père de famille en soulignant que sa fille Emma, qui aura bientôt dix ans, l’a aussi accompagné, mais sur des distances moins importantes.

Jusqu’ici, la spondylarthrite ankylosante est restée silencieuse. La remise en forme de Jean-François Pion ne lui a apporté que du bon. « Parfois, j’avais quelques raideurs le lendemain de mes randonnées, mais rien comparé aux fois où j’avais du mal à me remettre d’une partie de golf », se souvient-il.
C’est très tôt dimanche matin que les huit participants du Défi Acotango prendront leur envol vers la Bolivie. Nerveux, heureux, fébrile, inquiet? Jean-François Pion est un peu tout ça...

« Il y a beaucoup d’excitation. Nous sommes une belle équipe, pleine d’énergie. La seule chose qui m’inquiète un peu, c’est que je ne sais pas comment je vais réagir là-bas, surtout les nuits où nous allons dormir sous la tente sur un matelas gonflable avec une température sous zéro. Déjà chez moi, j’ai mal au dos en sortant de mon lit le matin. Il y a aussi toute la question de l’acclimatation en haute altitude, personne n’y réagit de la même façon. Comment mon corps va réagir? Je ne sais pas, et comme je n’ai pas de contrôle là-dessus, j’essaie de sortir ce stress de l’équation », tempère-t-il.

Il est possible d’encourager les participants du Défi Acotango en effectuant des dons sur le site web du Défi au www.defiacotangochus.org.

Tout l’argent amassé dans le cadre de cette activité sera remis à l’unité des soins intensifs de l’Hôpital Fleurimont. Le chef de service de ce département, le Dr Marc-André Leclair, fait d’ailleurs partie de l’expédition.