La conseillère Annie Godbout se sent visée par la recommandation du comité de la gouvernance de Sherbrooke Innopole de revoir la pertinence de la présence des élus au C.A de l'organisme paramunicipal.

Godbout défend sa présence à Sherbrooke Innopole

La conseillère Annie Godbout se sent visée par la recommandation du comité de la gouvernance de Sherbrooke Innopole de revoir la pertinence de la présence des élus au C.A de l'organisme paramunicipal.
Mme Godbout s'en prend au maire, s'étonnant qu'il fasse preuve d'ouverture à cette suggestion. Elle souligne que la recommandation survient à 11 mois des élections. « De l'annoncer à ce moment-ci, c'est un geste politique. Je suis surprise que le maire se garde une porte ouverte. Il sait très bien que nous sommes imputables pour tout ce qui concerne le développement économique », déclare-t-elle.
Les membres du C.A. ont exprimé un malaise que des enjeux politiques s'immiscent au C.A.
Annie Godbout précise qu'il n'y a aucun débat d'idées entre le maire et elle à la table et que les rapports qu'ils entretiennent sont courtois. « Si le maire avait exercé son leadership politique pour expliquer le rôle des élus au C.A., entre autres dans le dossier d'Espace inc., nous n'en serions pas là. »
La conseillère ne comprend pas qu'il soit question de malaises au conseil d'administration. « Si le fait de poser des questions, d'exiger des rapports de performance ou de se soucier de l'augmentation alarmante des budgets s'appelle faire de la politique, et bien oui, je suis coupable. Je me sens appréciée comme personne, mais il est clair que certaines questions que je pose dérangent. »
Elle cite le dernier budget. « Dans la première version, les frais de fonctionnement augmentaient de 13 % et il y avait des demandes additionnelles de 800 000 $. J'ai exprimé que je n'étais pas confortable avec ces montants au moment où nous demandons à nos services d'optimiser. C'est vu comme un geste politique. Au final, les frais seront de 11 % et les demandes additionnelles de 591 000 $. »
Annie Godbout comprend que ses interventions peuvent déranger. « On m'a rencontré quelques fois pour me dire que mes décisions ne sont pas appréciées. »
Dans le dossier du changement de zonage visant la superclinique, Mme Godbout rapporte que le dossier n'était pas complet et qu'elle préférait s'abstenir de voter considérant que Commerce Sherbrooke, où elle siège également, devait se prononcer et qu'elle serait appelée à prendre position publiquement. « On m'a dit que ce n'était pas apprécié que je m'abstienne. Les règlements généraux ont été changés pour nous forcer à voter, sans quoi nous sommes considérés en conflit d'intérêts. »
Mme Godbout remet en doute le moment choisi pour faire l'annonce de cette recommandation.
Mme Godbout comprend que les dossiers touchant des entreprises en négociation ne peuvent pas être discutés publiquement. « Lorsqu'il s'agit de gestion, de structure organisationnelle ou de budgets, tout à Sherbrooke Innopole doit être ouvert et transparent », lit-on dans un communiqué envoyé jeudi matin.
La décision de retirer ou non les élus du conseil d'administration de Sherbrooke Innopole reviendra au conseil municipal.