Paul Gingues estime que des efforts devront être faits à l’interne et qu’à l’instar des réflexions déjà en cours au Conseil du trésor, il faudra réfléchir à la possibilité de couper des programmes, des projets, des embauches et des remplacements de postes.
Paul Gingues estime que des efforts devront être faits à l’interne et qu’à l’instar des réflexions déjà en cours au Conseil du trésor, il faudra réfléchir à la possibilité de couper des programmes, des projets, des embauches et des remplacements de postes.

Gingues et Tremblay inquiets pour les finances de la Ville

Le conseiller Paul Gingues ne souhaite pas que la Ville de Sherbrooke opte pour le déficit au moment de procéder à des ajustements budgétaires pour l’année en cours. Il estime plutôt que la Ville devra prendre des décisions difficiles pour équilibrer ses dépenses et ses revenus. M. Gingues a dévoilé sa position lundi dans un communiqué.

Le maire Steve Lussier a indiqué en soirée que l’aide du gouvernement serait assurément sollicitée. 

La semaine dernière, M. Lussier laissait entendre que le sujet avait fait l’objet de discussions à l’Union des municipalités du Québec et que la porte n’était pas fermée à Sherbrooke pour un déficit. « Nous n’avons jamais discuté d’un tel scénario au conseil et je suis très étonné que le maire ouvre cette voie. Pour moi, avant de parler déficit, il va falloir regarder toutes les autres alternatives. Ce serait trop facile de pousser les problèmes par en avant », a déclaré M. Gingues dans un communiqué.

Il indique qu’il ne faudra pas compter sur les gouvernements pour assumer les frais liés à la crise. « Avec les milliards de dollars investis dans nos communautés par nos deux paliers de gouvernement pour aider nos familles, nos entreprises et notre système de santé, il est difficile de croire qu’ils assumeront en plus les coûts supplémentaires des municipalités. »

Il estime que des efforts devront être faits à l’interne et qu’à l’instar des réflexions déjà en cours au Conseil du trésor, il faudra réfléchir à la possibilité de couper des programmes, des projets, des embauches et des remplacements de postes. « Dans des circonstances exceptionnelles, nous devons prendre des décisions exceptionnelles. C’est le temps pour un leadership fort, parce qu’on aura à prendre des décisions courageuses, mais incontournables. On ne doit pas attendre de connaître ce que fera le gouvernement, mais, au contraire, nous devons préparer dès maintenant un plan de redressement pour faire face au défi financier qui s’annonce difficile. » 

Pierre Tremblay a pour sa part publié des questions sur Facebook en soirée lundi. « Les gouvernements supérieurs ont des sources de revenus plus diversifiées que les municipalités. Les Villes doivent donc gérer en bons parents. Il faut s’assurer que nous aurons les liquidités nécessaires pour faire face à nos obligations pendant la relance. Pour ce faire, il faut donc prendre des décisions difficiles aujourd’hui, il faut se serrer la ceinture. L’avons-nous fait à Sherbrooke? Probablement pas assez, d’autant plus que la situation financière de la Ville n’était déjà pas rose avant la crise… », écrit-il.

Il demande entre autres si une rationalisation du personnel a été réalisée chez Valoris, si une réduction des effectifs a été envisagée au centre de foires et si l’équipe de Destination Sherbrooke peut elle aussi être réduite dans les circonstances. « Je comprends qu’il devra y avoir une relance de l’industrie touristique, mais avons-nous besoin de toute l’équipe pour la préparer? »

M. Tremblay ajoute qu’il ne souhaite pas mettre des gens à pied dans le simple but de les mettre à pied. « Je souhaite tout simplement que l’on s’assure de prendre toutes les décisions nécessaires pour maintenir les finances de la Ville dans un état acceptable. Sommes-nous capables comme conseil municipal de faire cet exercice avec respect et rigueur? J’en suis certain. Il est temps que nous le fassions. »

Lussier demandera de l’aide

M. Lussier a indiqué après le conseil municipal lundi qu’il rendrait bientôt public le montant qu’il espère obtenir du gouvernement du Québec pour aider sa municipalité. Il espère aussi obtenir des crédits de financement, comme les contribuables peuvent le faire auprès de leurs banques, pour des emprunts rendus nécessaires par la Ville. 

« Je suis très satisfait de l’écoute des deux paliers de gouvernement et nous avons une rencontre de l’Union des municipalités du Québec mercredi à ce sujet. »

Il mentionne également que le sort des employés des organismes paramunicipaux sera connu lors d’une séance extraordinaire jeudi, alors qu’un nouveau plan de contingence devrait être adopté. 

Danielle Berthold a quant à elle précisé que certains employés du centre de foires ont été mis à pied temporairement, faute de travail à accomplir.