Fronde contre l'implantation d'une tour de radiocommunication

Près d’une vingtaine de citoyens s’organisent contre l’implantation d’un système d’antennes de radiocommunication de la compagnie Rogers dans le secteur de la rue Felton. Ils comptent envoyer un document à la compagnie, qui sollicite les commentaires dans un processus de consultation qui prend fin le 25 novembre.

Dans un avis public publié le 24 octobre, la compagnie indiquait qu’elle cherchait à « améliorer la couverture cellulaire dans le secteur visé et ainsi répondre à la demande sans cesse croissante pour les services sans fil ». 

Dans un document acheminé aux propriétaires vivant dans un rayon de 150 mètres autour de la future tour de 48 mètres de hauteur, on précise que l’infrastructure permettra aussi un repérage plus précis lors des appels aux services d’urgence via le 911. « Plus les antennes sont rapprochées des usagers, plus la qualité du signal est grande. »

La tour inclura des antennes 4G, des unités radio et des antennes 5G. L’autorisation finale appartiendra à Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Le document envoyé par Rogers stipule également que les préoccupations et suggestions exprimées par la Ville de Sherbrooke ont été considérées.

Daniel Gingras, un des citoyens opposés à l’implantation de la tour près de son terrain, explique qu’une pétition a été lancée. « Ce n’est pas que nous ne voulons pas d’une tour cellulaire, mais nous pensons que ce n’est pas le meilleur endroit. Selon nous, il y a un paquet de vices de procédure. Nous avons tenu une rencontre citoyenne la semaine dernière et nous avons écrit une lettre de contestation. »

La lettre de contestation relève, selon M. Gingras, des manquements dans la consultation de la compagnie. Le citoyen s’inquiète aussi des conséquences de la présence d’antennes 5G sur la santé. « Les normes de Santé Canada seront respectées, mais est-ce qu’on peut vraiment dire qu’il n’y aura pas d’impacts sur la santé à long terme? »

L’impact visuel est un autre élément que dénoncent les citoyens. « Nous demandons les études qui prouvent qu’il y a des problèmes de couverture dans le secteur. Peut-être pourraient-ils installer des microcells qui ne marqueraient pas autant le paysage plutôt qu’une tour imposante. »

Selon le processus, Rogers aura 60 jours pour répondre aux préoccupations raisonnables et pertinentes qu’elle aura reçues. Les citoyens disposeront par la suite de 21 jours pour répondre à leur tour.

« Tout le monde veut un bon service cellulaire, mais peut-être que ce n’est pas le site idéal pour une tour », martèle M. Gingras.

Avec la communauté

Chez Rogers, Caroline Phémius, chef des affaires publiques pour le Québec, indique que la compagnie travaille toujours avec la communauté locale. « Nous avons à cœur d’offrir une expérience sans fil fiable et uniforme à tous nos clients et nous cherchons à améliorer notre réseau pour ceux situés à Sherbrooke. Nous travaillons toujours avec les communautés locales pour nous assurer que nos services, nos équipements et notre conception répondent à leurs besoins. »

Le conseiller du district de l’Université, Paul Gingues, rapporte par ailleurs qu’un comité auquel il siégera a été formé avec des citoyens et un urbaniste pour rencontrer un délégué de la compagnie Rogers cette semaine. 

Il mentionne que la construction des tours de radiocommunication est de juridiction fédérale. « La Ville n’a pas vraiment son mot à dire. C’est un peu désolant. » 

Avec Jasmine Rondeau