Jusqu’ici, admet Pierre Avard, non seulement Récup Estrie ne réussissait pas à vendre le papier qu’elle récupérait, mais elle payait environ 440 000 $ par année pour s’en départir auprès d’une entreprise ontarienne. Celle-ci acheminait ensuite le papier en Inde.
Jusqu’ici, admet Pierre Avard, non seulement Récup Estrie ne réussissait pas à vendre le papier qu’elle récupérait, mais elle payait environ 440 000 $ par année pour s’en départir auprès d’une entreprise ontarienne. Celle-ci acheminait ensuite le papier en Inde.

Fini le papier de Sherbrooke envoyé en Inde

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Alors que l’Inde a annoncé qu’elle réduit ses importations de papier mixte, le président de Récup Estrie, le conseiller sherbrookois Pierre Avard, se réjouit de la décision de son organisation d’investir dans de meilleurs équipements de tri. Déjà, la seule annonce de cette optimisation attire les papetières québécoises, qui s’intéressent davantage au papier sherbrookois.

Jusqu’ici, admet Pierre Avard, non seulement Récup Estrie ne réussissait pas à vendre le papier qu’elle récupérait, mais elle payait environ 440 000 $ par année pour s’en départir auprès d’une entreprise ontarienne. Celle-ci acheminait ensuite le papier en Inde.

« Dans les médias, on parlait de la question du recyclage du papier [lundi]. Après la Chine, c’est l’Inde qui commence à fermer les portes. Je suis content que Récup Estrie ait pris la décision de se doter de deux nouveaux équipements de tri optique, au coût de 2,7 M$ que nous pourrons payer comptant. Ils permettront de vendre le tri et non de l’envoyer à travers le monde. À la suite de l’annonce qu’on a faite, il y a déjà des papetières de la région qui ont montré de l’intérêt. Ce sont des choses positives quand on parle de prendre nos responsabilités et de faire de l’économie circulaire », a déclaré M. Avard au conseil municipal lundi.

Contaminé à 10 %

En entrevue avec La Tribune, Pierre Avard explique que le papier ne peut être vendu parce qu’il est contaminé à 10 %. « Nous avons donc lancé un appel d’offres avec obligation de résultat pour descendre sous les 5 % de contamination. Nos machines trieront le papier et le carton à la fois. En trouvant des preneurs au Québec, nous réduirons aussi les gaz à effet de serre liés au transport. Le fait que des papetières aient hâte de travailler avec nous envoie un signal important. »

Pierre Avard

M. Avard avance que les prix pour se départir du papier ont même augmenté au cours de derniers mois. « Plus les centres de tri seront autonomes, plus nous aurons le contrôle sur le prix. »

Le président de Récup Estrie estime que le meilleur moment pour investir dans la nouvelle machinerie aurait probablement été plus judicieux il y a deux ou trois ans. « Mais l’avenir de Récup Estrie n’était pas assuré. Ce qui est important, c’est que nous avons des solutions. À long terme, nous pensons que ce sera rentable parce qu’en ce moment, on paye pour se départir du papier, alors que nous finirons par dégager des revenus. »

En 2018, le papier représentait 48 % des matières triées à Récup Estrie.

Le début des travaux pour les nouvelles lignes de tri est prévu en février. Ils seront effectués les fins de semaine jusqu’en mai.