Pierre McCann, Rébecca Janson, Alexandre Rainville et Séré Beauchesne Lévesque, membres du comité organisateur de Fière la fête, invitent la population à célébrer la diversité sexuelle et de genre.

Fière la fête à Sherbrooke

La 7e édition de Fière la fête se déroulera de mardi à dimanche à Sherbrooke. L’événement éducatif, festif, familial et inclusif qui vise à célébrer la diversité sexuelle et de genre en Estrie compte plusieurs nouveautés cette année.

« On a notamment ajouté un volet littéraire avec la lecture de poésie et de textes queer le vendredi. Aussi, le samedi matin, on a une activité spécifiquement pour les enfants avec l’heure du conte au cours de laquelle on introduira le pronom neutre non binaire iel. On a vraiment beaucoup d’activités pour tous les gens et on espère vraiment rejoindre le plus grand nombre de personnes », explique Séré Beauchesne Lévesque, porte-parole de l’événement.

Le sujet de la bispiritualité sera abordé pour la première fois à Fière la fête. « Il est question de certaines identités de genres qui étaient présentes sur le continent avant la colonisation. On parle de communautés autochtones qui comptaient plus que deux genres », note Séré.

La majorité des conférences, témoignages, ateliers, groupes de discussions sont présentés gratuitement et se déroulent dans les locaux du Tremplin ou au parc éphémère sur la Wellington Sud.

La marche des fiertés, un trajet entre le Marché de la Gare et l’hôtel de ville, se tiendra à partir de 15 h 30 samedi.

« Et l’édition 2019 se termine le 25 août à 14 h avec l’assemblée générale de fondation de Fierté Sherbrooke Pride, un nouvel organisme communautaire », précise Séré, invitant les Estriens à assister à cette assemblée.

L’an dernier, environ 1000 personnes avaient participé à Fière la fête avec une cinquantaine de participants à chacune des conférences. Les responsables espèrent dépasser ce nombre cette année.

« C’est ouvert à tous. Hétéros, personnes âgées, enfants, personnes trans et non binaires. Tout le monde qui souhaite apprendre dans le respect », précise Séré qui est convaincu de la pertinence de Fière la fête.

« Je m’occupe de la page Facebook de l’événement depuis quelques jours et je n’arrête pas d’effacer des commentaires de gens qui disent qu’être trans, c’est une maladie mentale et que l’événement fait de la propagande auprès des enfants. Je vois à quel point il y a encore beaucoup d’homophobie et de transphobie même en 2019 », mentionne Séré qui a grandi à Sherbrooke et qui sait que plusieurs croient qu’au Québec, toutes les personnes trans sont à Montréal.

« C’est difficile d’être trans à Sherbrooke quand une grosse institution, comme la Commission scolaire de la région de Sherbrooke, dit qu’elle n’a pas besoin d’adopter de ligne directrice visant l’inclusion des enfants trans dans ses écoles parce qu’elle n’a pas ce problème-là dans la région. Moi-même, j’ai cru que je devrais déménager à Montréal, lorsque j’ai su que j’étais trans à 17 ans, car il n’y a pas beaucoup de services pour les personnes trans dans la région », explique Séré, qui a fondé le Groupe d’action trans de l’Université de Sherbrooke, qui a attiré une cinquantaine de participants, de 14 à 30 ans, à ses groupes de discussion au cours de sa première année d’existence.

« On a une communauté qui est de plus en plus forte, mais qui demeure fragile alors c’est important que la population lui apporte son soutien et qu’on organise des activités pour favoriser les échanges et la compréhension », conclut Séré.

Pour la programmation complète : www.fierelafete.ca