Fabien Burnotte

Faciliter le vélo hivernal à Sherbrooke

Le vélo hivernal est de plus en plus populaire à Sherbrooke. Si de nombreux cyclistes bravent les conditions et refusent de ranger leur vélo même durant les périodes de grands froids, la pratique du vélo hivernal reste quand même compliquée à Sherbrooke.

L’augmentation du nombre de cyclistes d’hiver s’est accentuée dans les dernières années selon Fabien Burnotte, cofondateur du regroupement Vélo Urbain Sherbrooke (VUS).

« Il y a beaucoup d’adeptes du cyclisme ou de maniaques d’environnement, souligne-t-il. Il y a aussi des gens qui font attention à leur santé. C’est très utilisé, mais ça reste encore des exceptions. Il n’y a pas 100 cyclistes à l’heure sur les pistes. »

M. Burnotte estime que la Ville a beaucoup de retard à rattraper. La priorité est selon lui d’avoir plus de pistes cyclables.

« Il y a tellement de place où on ne peut pas aller l’hiver, insiste-t-il. Que la ville ne déblaie pas les pistes, ce n’est pas si pire. On ne peut pas empêcher la gratte de passer, mais il ne faut pas que des autos se stationnent sur les pistes. »

Le conseiller municipal Vincent Boutin explique que de grands axes de pistes cyclables sont quand même déblayés pendant l’hiver, mais il admet que le réseau est moins convivial que durant l’été.

« C’est la réalité hivernale avec notre réseau qui est souvent sur la rue. On ne parle pas de vélo depuis 40 ans, nos villes n’ont pas été pensées nécessairement pour ça. On essaie de jouer du hockey de rattrapage. Il y a évidemment les infrastructures, mais l’incitation au transport actif va au-delà de ça. Les entreprises peuvent avoir des douches et des endroits pour ranger les vélos par exemple. Tous les à-côtés facilitent la pratique du vélo. » 

Rabais pour les pneus à clous?

Une proposition de Vincent Boutin a d’ailleurs fait jaser parmi les cyclistes de Sherbrooke. Dans une publication Facebook, le chef du Renouveau sherbrookois avance que la Ville pourrait faire comme la municipalité de Banff en Alberta et permettre une remise en argent pour l’achat de pneus de vélos cloutés. Ce type de pneu peut coûter plusieurs centaines de dollars. En vertu de ce programme, les résidants de Banff peuvent obtenir une remise jusqu’à 50 $ par pneu.

L’utilisation de pneus à clous amène une certaine sécurité l’hiver et permet une meilleure adhérence sur la glace.

« On est dans l’exploration pour le moment, c’est très embryonnaire, c’était plus pour voir l’appétit des gens pour ce genre de mesure », précise-t-il.

La proposition a tout de même été favorablement accueillie d’autant plus que l’utilisation de pneus à clous amène une certaine sécurité l’hiver aux cyclistes.

« Quand tu pognes la glace, ça tient la route, confirme Fabien Burnotte. La mesure ne coûte presque rien et ça envoie le message qu’on est dans le bon sens. Un vélo de montagne fait la job durant une bonne partie de l’hiver, mais sur le verglas oublie ça. C’est plus sécuritaire avec des pneus à clous. Quand tu freines, ça freine. »

« Mais c’est quand même une mesure spécifique qui s’adresse à des gens particulièrement casse-cou, poursuit M. Burnotte. Je suis d’accord, mais il y a d’autres choses à faire. »

Pour Fabien Burnotte, la Ville doit en faire plus pour mousser l’utilisation du vélo électrique.

« Les gens veulent faire du vélo, mais ils ne veulent pas avoir chaud avant d’arriver au travail. Le vélo électrique, c’est parfait. Il y a quelques endroits qui donnent des crédits pour en acheter. »