La directrice générale de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin et la directrice générale de Carrefour Québec Internationnal, Catherine Gervais, organisent la troisième édition du Grand rendez-vous de l’exportation. Les deux premières avaient été présentées en Mauricie et au Centre-du-Québec, des régions aussi desservies par le Carrefour Québec International.
La directrice générale de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin et la directrice générale de Carrefour Québec Internationnal, Catherine Gervais, organisent la troisième édition du Grand rendez-vous de l’exportation. Les deux premières avaient été présentées en Mauricie et au Centre-du-Québec, des régions aussi desservies par le Carrefour Québec International.

Exporter malgré la crise du coronavirus

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
 Malgré la crise du COVID-19 et l’instabilité économique, c’est le temps de parler d’exportation, selon la directrice générale de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin.

C’est ce que feront une centaine d’entrepreneurs, le 24 avril, à l’Hôtel Times à l’occasion du Grand rendez-vous de l’exportation, organisé par le Carrefour Québec International en collaboration avec Sherbrooke Innopole. Une centaine de participants sont attendus.

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Pour Mme Fortin, c’est lorsqu’une entreprise n’exporte que dans un seul pays qu’un danger survient. « Si le pays ou le continent est frappé, l’entreprise l’est forcément aussi. Si on a une diversification d’endroits où on exporte, ça peut pallier les aléas qu’on vit », analyse-t-elle.

« Si une entreprise fait uniquement des affaires en Asie, elle n’est pas dans une bonne situation, cite-t-elle en exemple. Cependant, si elle est en a en Asie, en Europe, en Amérique du Nord et peut-être même en Amérique du Sud, là on peut pallier à cela. Ça permet à l’entreprise à être moins vulnérable. C’est comme un portefeuille financier. »

La directrice générale de Carrefour Québec International, Catherine Gervais, a le même discours. « L’exportation reste toujours d’actualité et est toujours importante, pense-t-elle. Ce qui est important, c’est la diversification des marchés et c’est notre mandat d’aider les entreprises à voir les opportunités. Il n’y a pas seulement les États-Unis. Il y a d’autres marchés intéressants. Il faut seulement adapter sa stratégie en fonction du marché qui sera payant. Chaque entreprise a sa recette : ce n’est pas parce qu’un concurrent est sur un marché qu’il faut y aller également. » 

Étienne Lemieux, PDG et cofondateur de l’entreprise Spi Bio, qui surveille en continu la Legionella Pneumophila dans les systèmes d’eau, voit l’actuelle situation comme un couteau à double tranchant. « Il y a une incertitude des marchés, donc mes clients seront peut-être moins prompts à acheter », pense l’entrepreneur qui est actuellement en processus de vente auprès de clients new-yorkais. 

« Mais ça confirme que les gens voient une importance élevée sur la santé publique, relativise-t-il. En 2015, dans un seul événement, la légionelle a envoyé plus de 100 personnes à l’hôpital et en a tué 12. Comme le coronavirus, ça crée une inquiétude. On est dans ce même moteur : les gens ont peur, les propriétaires ont peur de l’impact économique que ça représente et prennent des mesures de prévention. Ça me confirme que les gens sont prêts à investir pour sécuriser les villes, mettre des mesures en place pour éviter les épidémies. »

Une peur

Pour M. Lemieux, l’expérience de l’exportation peut être épeurante. C’est pour combattre cette peur que l’entrepreneur s’adressera aux participants du Grand rendez-vous de l’exportation. 

« Souvent, on a peur, avoue M. Lemieux, qui participera à l’événement en tant que conférencier invité. On met beaucoup d’énergie pour trouver des clients, mais c’est parce qu’on a peur d’aller à l’exportation. Il faut combattre cette peur, car si on veut développer une grande entreprise, passer de la PME à quelque chose de plus gros, il faut aller voir le voisin. »

L’employeur aimerait passer de 17 employés à quelques centaines. 

« Le processus d’exportation est de moins en moins épeurant. [Maintenant] ça me semble logique. Il y a un an, c’était illogique, car il y avait trop d’incertitudes », confie-t-il.

Des entrepreneurs viendront partager leur expérience de commercialisation sur les différents marchés, explique Mme Gervais. « Les résultats concrets, c’est le maillage qui se fait, pense-t-elle, rappelant que cet événement en est à sa troisième édition. Les entreprises vont sortir inspirées et se feront un réseau de contacts. »

« On est là pour expliquer le processus de douanes ou simplement de trouver le bon marché, résume-t-elle. Ceux qui sont bien établis au Québec et qui cherchent à croitre, le plus important est de se faire un plan d’action. »