Et la compétition entre les organismes communautaires?

La décision de la députée Christine Labrie de financer un organisme ou pas est remise entre les mains des citoyens : c’est eux qui devront voter pour leurs projets préférés. Certains indiquent que cette façon de faire met tous les organismes en compétition les uns contre les autres. Pourtant, au travers de cette nouvelle démarche, les organismes n’y voient que du positif. Il s’agit d’une occasion de se faire connaître sans dépenser le moindre dollar.

Lors de la présentation des projets inscrits pour le Fonds d’investissement citoyen au Centre Multi Loisirs de Sherbrooke, les organismes disposaient de trois heures pour échanger avec la population.

« Il y a un gain pour tous les organismes d’être ici. Ce n’est pas perdu », insiste Mme Labrie.

Les organismes seront majoritairement d’accord pour dire que cette présentation de projets leur a permis de se faire connaître et de créer de nouveaux contacts, autant avec les citoyens qu’avec d’autres organismes.

Pour le Défi Tête la Première, qui fait la promotion du port du casque à vélo, les intervenants espèrent obtenir du financement pour leur tournée dans les écoles primaires, où le nombre d’établissements visités au Québec passera de 223 à 380.

« Je trouve ça génial la répartition des sous. Ce sont les citoyens qui sont représentatifs des besoins. Ça fait connaître nos activités. Et j’ai pu rencontrer une enseignante qui aimerait ça qu’on vienne dans son école. Ça a un impact parce que ça permet aux gens de savoir ce qu’on fait », partage le fondateur Simon Poulin, qui juge que tous les moyens de visibilité sont bons.

Les intervenants de Momenthom, un centre d’entraide pour hommes de l’Estrie qui soumet un projet d’activité père-enfant, ont aussi exprimé leur satisfaction quant à la tenue de l’événement.

« C’est une super de beau projet. C’est sûr qu’il y a une certaine compétition, c’est une réalité du communautaire, mais moi de la manière que je vois ça, c’est surtout un moment pour que la communauté puisse apprendre c’est quoi nos services. Déjà plusieurs personnes sont parties avec nos dépliants parce qu’ils pensent démarrer une démarche avec Momenthom. On trouve que c’est une plateforme intéressante, c’est une possibilité de plus. On ne perd rien », indique Bruno Bourgouin, intervenant social.

La Maison Calm de Sherbrooke offre un service de supervision de droits d’accès pour les familles qui vivent des séparations conflictuelles. Ne faisant aucune promotion, l’événement était le moment idéal pour se faire connaître.

« Personnellement, je trouve que c’est un plus d’être rassemblés avec d’autres organismes communautaires, ça nous permet de voir ce qu’ils font et, si possible, de collaborer ensemble », soulève l’intervenante Julie Fleury.

Une compétition loin d’être nouvelle

Christine Labrie reconnaît l’aspect compétitif dans la manière de choisir les organismes qui auront droit au financement.

« C’est vrai, mais c’est vrai, peu importe comment on fonctionne. Les organismes sont déjà en compétition quand ils demandent des fonds à des députés, parce que le député va finir par choisir », soulève-t-elle.

La députée explique que dans toute situation, quelqu’un devra trancher. Les fonds ne sont pas suffisants pour subvenir aux besoins de tous les organismes.