La vice-rectrice à l’administration et au développement durable, Denyse Rémillard, et le recteur Pierre Cossette ont présenté mercredi les faits saillants du budget 2019-2020 de l’Université de Sherbrooke.

Équilibre budgétaire précaire à l'UdeS

L’Université de Sherbrooke a adopté un budget équilibré, lundi, mais en équilibre précaire puisqu’il comporte un effort « non réparti » de 4,5 millions $ à réunir en cours d’exercice 2019-2020.

Cette somme représente un pour cent du budget et la direction se dit confiante de l’atteindre tout en convenant que cela implique un « certain » risque.

« Il y a des enjeux au niveau du gouvernement dans le financement des universités dont on nous a dit qu’il serait amélioré mais dont la recette reste à venir, explique le recteur Pierre Cossette. On accepte de prendre un certain risque comme organisation parce que si on se force toute de suite à tout boucler, on stoppe notre développement et on ne veut pas ça. On a beaucoup de projets et il faut être capable d’aller de l’avant. (...) En cours d’année on va continuer à travailler sur des solutions avec le ministère de l’Éducation. »

Le budget 2019-2020 de l’UdeS prévoit donc des dépenses de 437,4 M$, en hausse de 1,8 % sur 2018-2019, et des revenus de 432,9 M$, en hausse de 0,83 %. 

Il prévoit une somme de 4,4 M$ pour de nouvelles embauches et table sur une hausse de l’effectif étudiant de 2,2 pour cent.

Il attribue par ailleurs des dépenses d’investissements de 71,8 M$ dans une série de projets, dont les plus visibles seront la mise en chantier de l’Institut quantique, la finalisation du studio de création, le parc de recherche en hydrologie, le pavillon de médecine de précision et de recherche translationnelle, la mise à niveau du pavillon de la vie étudiante et le réseau de piste cyclable, énumère M. Cossette.

« On continue aussi à mettre de l’avant des sommes pour améliorer l’efficacité énergétique de nos bâtiments », ajoute la vice-rectrice à l’administration et au développement durable, Denyse Rémillard, en précisant que pour la première fois cette année, l’UdeS va être compensée à hauteur de 10 pour cent pour la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de sa stratégie de carboneutralité 2030. 

« C’est très peu d’argent, précise le recteur, mais c’est une orientation importante pour l’université. Depuis Kyoto (1991), l’Université de Sherbrooke a 60 % plus d’étudiants mais 29 % moins de gaz à effet de serre et on veut continuer à fléchir cette courbe pour atteindre la carboneutralité en 2030. »

En mode rattrapage

Après quatre années de compressions et à l’an deux du plan quinquennal de rehaussement du financement universitaire adopté par Québec, l’Université de Sherbrooke en profite pour rappeler au gouvernement Legault que les besoins sont encore grands pour que l’institution d’enseignement joue pleinement le rôle qu’elle doit jouer comme pôle de développement socioéconomique. 

Le rattrapage n’est pas terminé puisqu’en dollars constants, illustre le recteur, le financement 2019-2020 est encore inférieur à ce qu’il était avant les coupes en 2012-2013.

Mais en priorité, plaide-t-il, il faut revoir la formule de financement des programmes d’études en génie et en informatique, qui ont encaissé une réduction majeure dans la réforme de 2018. Le besoin a été évalué à 45 M$ pour l’ensemble des universités québécoises, rappelle-t-il, soit 4,5 M$ à l’UdeS.

Les programmes de résidences en médecine souffrent également de sous-financement étant donné que les nouvelles normes d’agrément entraînent des frais supplémentaires à l’enseignement qui n’ont pas été pris en compte dans les calculs du ministère de l’Éducation, ajoute-t-il, en glissant au passage que la Faculté de médecine de l’UdeS forme 22 pour cent des médecins au Québec.

L’UdeS en appelle par ailleurs à un meilleur soutien de l’État dans ses efforts pour accélérer les transferts technologiques et la valorisation de la recherche. 

« On est d’accord avec les priorités du gouvernement Legault de dire que la recherche dans le plan St-Laurent, la recherche en génie informatique ou la recherche dans les sciences de la vie vont être les piliers du développement économique, mais pour en être et y participer pleinement, très pratiquement on a besoin d’un peu plus de soutien. La même chose quand il dit que c’est important que les universités travaillent avec les industries. Nous on dit au gouvernement d’accord, mais on ne va pas stopper notre croissance parce qu’il faut respecter un chiffre. On va continuer de se développer, on va remplir la mission que vous nous demandez, et on s’attend en retour que nos efforts soient appuyés. Et on est prêt à rendre les comptes qu’il faut; notre bilan n’est pas gênant au contraire. »