Il y a déjà quelques années que le parc d’hébergement est saturé dans les secteurs des adultes ayant des troubles du comportement et souffrant de déficience intellectuelle ou de trouble du spectre de l’autisme en Estrie.
Il y a déjà quelques années que le parc d’hébergement est saturé dans les secteurs des adultes ayant des troubles du comportement et souffrant de déficience intellectuelle ou de trouble du spectre de l’autisme en Estrie.

Enfin un « milieu alternatif » pour les adultes avec un handicap

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Les sept résidences en assistance continue (RAC) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS devraient fermer leurs portes d’ici 18 à 24 mois afin de faire place à une résidence d’un tout nouveau genre, une « ressource transitoire de réadaptation intensive » qui permettrait de regrouper la clientèle des RAC dans un lieu commun divisée en petits milieux de vie.

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« Il y a une urgence d’agir parce que plusieurs RAC sont non conformes et nécessitent des rénovations fonctionnelles majeures. En attendant, il y a quand même eu des travaux dans quelques-unes d’entre elles au cours de la dernière année et nous avons ouvert une nouvelle RAC de quatre places pour être en mesure de répondre à la demande », soutient Danika Manseau, directrice de la direction de la déficience intellectuelle, des troubles du spectre de l’autisme et de la déficience physique (DI-TSA-DP) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

En octobre 2018, La Tribune présentait un long reportage sur la détresse des travailleurs des RAC pour qui les morsures, les crachats, les objets lancés en leur direction, des cheveux arrachés, des grafignes, des menaces et de l’intimidation étaient rendus monnaie courante dans ce milieu alors qualifié « d’exigeant et complexe » par la direction du CIUSSS de l’Estrie. 

Il y a déjà quelques années que le parc d’hébergement est saturé dans les secteurs des adultes ayant des troubles du comportement et atteints de déficience intellectuelle ou de trouble du spectre de l’autisme en Estrie.

Le projet de réaménagement des RAC, combiné à deux autres projets (voir l’autre onglet) qui sont aussi en cours, permettra « de remettre nos usagers à la bonne place pour eux. Ça amènera un mouvement intéressant, notamment dans nos RAC actuelles », souligne la directrice DI-TSA-DP.

« Nous sommes en train de revoir complètement notre vision de l’hébergement pour notre clientèle DI et TSA », ajoute-t-elle.

Parlons d’abord du projet qui concerne les RAC. Il faut savoir que les RAC sont nées à la suite de la désinstitutionnalisation des malades dans les années 1970 alors que le gouvernement a choisi de sortir les gens ayan de troubles mentaux des hôpitaux pour les amener vivre dans des milieux plus « normalisant », comme des familles d’accueil. Les RAC sont aujourd’hui les « soins intensifs » pour les gens souffrant de DI, de TSA ou les deux qui ont des problèmes de comportement. Ce n’est pas considéré comme un milieu de vie, mais comme un milieu de passage où vont les résidents qui ont besoin d’une grande intensité de services avant que leur état ne soit stabilisé par exemple.

La durée moyenne de séjour dans les RAC est de six à douze mois. « Il faut prendre le temps de stabiliser les gens, de trouver “la bonne recette”. Ce n’est pas une démarche qui se fait en quelques jours ou en quelques semaines », indique Mme Manseau.

Les conditions de travail dans les RAC sont difficiles pour les employés, qui sont souvent victimes de gestes de violence de la part des usagers. Le commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a d’ailleurs noté une importante augmentation du nombre de plaintes provenant de ce secteur d’activités au cours de l’année 2019-2020.

« Notre projet est de regrouper l’ensemble de notre clientèle de nos sept RAC dans un même et seul bâtiment dont l’infrastructure permettrait la création de micro-milieux, îlots indépendants de cinq places chacun pour un total de 25 places avec possibilité de rehausser à 30 places lors de débordements. Ce projet nous permettrait aussi de mettre en place un centre d’activité de jour ou plateau de travail pour ces usagers qui ne peuvent pas sortir facilement dans la communauté », indique Mme Manseau.

Le feu vert du ministère de la Santé et des Services sociaux est attendu sous peu dans ce dossier pour aller en appel d’offres pour aller en location d’un bâtiment qui pourrait être aménagé pour répondre aux besoins de cette future « ressource transitoire de réadaptation intensive ». Mme Manseau espère que l’appel d’offres pourra être lancé d’ici l’automne et que les RAC pourront donc être fermées d’ici 18 à 24 mois.