La population doit donc continuer à faire bouillir son eau pendant une minute avant de la consommer.

Eau à Sherbrooke : tests normaux, mais l'avis d'ébullition maintenu

Les résultats des tests effectués depuis vendredi après-midi pour déceler la présence de la bactérie E. Coli dans l'eau potable de Sherbrooke sont négatifs. L'avis d'ébullition demeure toutefois en vigueur sur tout le territoire de la ville par mesure de précaution.

« Des analyses ne révèlent pas la présence d’E. coli dans nos réserves présentement », a affirmé Jean-Pierre Fortier, chef de la division de la gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke dans un point de presse organisé samedi midi réunissant également le maire et le coordonnateur des mesures d’urgence Stéphane Simoneau.

« Ceci étant dit, nous devons maintenir l’avis d’ébullition pour une période minimale de 48 h, et ce, jusqu’à ce que le ministère de l’Environnement nous autorise à le lever. Mais nous sommes encouragés par les résultats que nous observons », a poursuivi M. Fortier. 

La population doit donc continuer à faire bouillir son eau à gros bouillons pendant une minute avant de la consommer.  

Rappelons que pour la première fois depuis 1972, les Sherbrookois sont privés de leur eau potable. Pas moins de 150 000 citoyens de l’ensemble du territoire doivent faire bouillir l’eau du robinet avant de la consommer depuis 16 h 15 vendredi. 

C’est lors d’un contrôle quotidien de la qualité de l’eau à la station de traitement J.-M.-Jeanson que la possible contamination la la bactérie E. coli a été décelée. 

Rapidement, la Ville a pensé à une erreur d’échantillonnage. 

« Le résultat du test était tel que nous étions dans l’impossibilité de dénombrer le nombre de bactéries E. coli, ce qui nous faisait douter de la véracité de cet échantillon. Cependant comme les E. coli étaient détectés nous étions dans l’obligation d’émettre un avis d’ébullition à la population », a expliqué le chef de division.

Pour l’instant, on ignore toujours comment l’erreur d’échantillonnage a pu survenir.

« Ça va être difficile d’identifier exactement comment l’échantillon a pu être contaminé », a révélé M. Fortier.

« Nous allons revoir la procédure d’échantillonnage de prélèvements. Chaque fois qu’un prélèvement est fait, nos techniciens portent des gants à usage unique et en plus ils désinfectent le robinet sur lequel est pris l’échantillon à l’aide d’eau de javel. C’est la méthode usuelle reconnue pour la prise d’échantillons. Est-ce que la bouteille était déjà contaminée? Est-ce que le disque pétri était déjà contaminé? Ça va être difficile pour nous de le déterminer. Nous allons tenter autant que possible de réduire les hypothèses », a-t-il poursuivi.

« La santé n’a pas de coût »

Questionné sur les coûts engendrés par les mesures d’urgence mises en place depuis vendredi après-midi autant à la Ville, que dans les commerces et les institutions — l’Université de Sherbrooke tenait d’ailleurs sa collation des grades samedi avec 12 000 personnes invitées et a dû se tourner vers l’eau embouteillée —, le maire de Sherbrooke s’est dit incapable de donner une estimation, mais a souligné que le santé « n’a pas de coût ».

« On ne peut pas prendre de chance dans des situations comme ça », a commenté M. Lussier, en confirmant qu’un rapport sera demandé aux services de la Ville dans les prochaines semaines.

Le maire de Sherbrooke a profité du point de presse pour rappeler à la population l’importance de s’inscrire aux alertes de la Ville diffusées sur les cellulaires et de se prémunir d’une trousse 72 h en cas d’urgence. 

De son côté, le coordonnateur aux mesures d’urgence Stéphane Simoneau s’est dit satisfait du déploiement des mesures d’urgence.

Rappelons que la source d’approvisionnement en eau de Sherbrooke est le lac Memphrémagog. Une fois captée, l’eau est ensuite acheminée jusqu’à la station de traitement de l’eau potable J.-M.-Jeanson, située près de l’Université de Sherbrooke. Une conduite de vingt-sept kilomètres relie le lac à la station de traitement. Au total, plus de 150 000 personnes, soit plus de 90 % de la population de Sherbrooke, utilisent l’eau traitée par la station J.-M.-Jeanson.

 Jean-Pierre Fortier, chef de la division de la gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke, Steve Lussier, maire de Sherbrooke, et Stéphane Simoneau, coordonnateur des services d'urgence à Sherbrooke, ont tenu à rassurer la population samedi après-midi en dévoilant les premiers résultats négatifs des analyses effectuées depuis vendredi après-midi afin de déceler la présence de la bactérie E. coli dans l'eau potable de Sherbrooke.