Dugbeh risque 15 ans de plus pour agression sexuelle grave

SHERBROOKE - C'est à une peine théorique de 15 années de prison que s'expose Blessing Dugbeh à la suite du dépôt de nouvelles accusations d'agression sexuelle grave mettant la vie en danger de trois victimes mineures entre mai 2016 et septembre 2017.

Ces accusations concernant trois adolescentes de moins de 16 ans comportent des peines minimales de cinq ans pour chacune des victimes alléguées.

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« Étant donné qu'il s'agit de victimes différentes, je ne verrais pas pourquoi ce serait des peines concurrentes qui seraient imposées si jamais il est reconnu coupable de ces accusations », signale la procureure aux poursuites criminelles, Me Marie-Ève Phaneuf.

La preuve au procès de l'homme de 21 ans, qui s'est déroulé en mars, a révélé qu'il était porteur du VIH, de là les accusations d'avoir mis la vie en danger des victimes alléguées.

À la suite du verdict de culpabilité rendu contre lui, Dugbeh a été accusé de sept nouvelles accusations concernant trois plaignantes.

L'une des victimes alléguées aurait été agressée sexuellement entre septembre 2016 et septembre 2017.

Les deux autres plaignantes auraient été victimes d'agressions sexuelles de Dugbeh où il aurait mis leur vie en danger entre juillet 2016 et février 2017 pour l'une et entre mai 2016 et mai 2017 pour l'autre.

Il n'aurait pas informé les adolescentes qu'il était porteur du VIH lors de relations sexuelles, ce qui fait en sorte que le consentement était vicié.

« Ces événements sont survenus avant, pendant et après la période des événements pour lesquels il vient d'être reconnu coupable », signale Me Marie-Ève Phaneuf qui a reporté le dossier au 27 mai en consentement avec l'avocat de la défense Me Guy Plourde.

Victime fiable et crédible

Ni la fiabilité ni la crédibilité de la victime de Blessing Dugbeh n'a été remise en cause par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec dans le verdict rendu mercredi sur cinq chefs d'accusation, dont une agression sexuelle en groupe sur une mineure.

« Malgré certaines failles dans son témoignage, il est clair qu'elle ne se trompe pas sur l'essentiel de ce qu'elle a vécu. Le Tribunal ne croit pas la thèse qu'elle a pu inventer des souvenirs en reconstituant sa mémoire (...) Il apparaîtrait farfelu de prétendre que cette adolescente ait pu, sous quelque forme que ce soit, consentir à ce qui s'est passé », estime la juge.

La juge souligne que le témoignage que l'adolescente de 15 ans a rendu au procès de Dugbeh était percutant de candeur.

« Elle n'a jamais cherché à se donner le beau rôle. Elle a admis toutes les difficultés qu'elle avait à cette époque. Elle a mentionné tout ce qu'elle avait fait lors de cette soirée sans détour, mais en regrettant de s'être placée dans une telle situation. Elle devra apprendre à se pardonner à ce sujet », mentionne la juge Claire Desgens.

La juge rappelle qu'à la lumière de la preuve, il apparaît clair que les adolescents présents lors de cette soirée ont été incapables de contrôler leurs pulsions sexuelles.

« Elle a réussi à bien expliquer la honte qu'elle a ressentie en étant traitée comme un objet lorsqu'elle s'est sentie attaquée par ces garçons qu'elle connaissait à peine », indique la juge Desgens dans sa décision.

Pour ces événements de viol collectif du 12 février 2017 pour lesquels Dugbeh a été reconnu coupable, un accusé mineur a été condamné à une peine de garde fermée, alors qu'un autre adolescent doit subir son procès en chambre de la jeunesse de la Cour du Québec.

Responsabilité d'adulte

Dans sa décision concernant Blesing Dugbeh, la juge a souligné qu'à un certain moment, les adolescents étaient nus et en érection dans la chambre « en sautant comme des enfants dans un magasin de bonbons ».

Le juge Desgens reproche à Dugbeh, comme seul adulte présent, de ne pas avoir pris les mesures pour s'assurer du consentement et de l'âge de la victime dans ce que la juge a décrit comme une véritable débauche.

« Le fait que vous étiez, à 19 ans, l'un des seuls adultes présents dans cette pièce augmente votre degré de responsabilité morale face à ce qui s'est déroulé. Vous n'avez pris aucune mesure ou aucune démarche raisonnable pour vous assurer du consentement de la victime, mais également de son âge. Dans le contexte où une orgie était envisagée, ce qui n'est pas une activité illégale en soi, votre devoir en tant qu'adulte était de pousser encore plus loin l'investigation concernant l'âge des personnes présentes et de vous assurer de leur consentement », croit la juge Desgens.

« À partir du moment où elle a manifesté son refus et qu'elle a répété son refus à plusieurs reprises, elle est crue lorsqu'elle répète avoir dit non tellement souvent qu'il ne se peut pas que vous ne l'ayez pas entendue », ajoute la juge Claire Desgens.