Les neuf stagiaires salvadoriens étaient en visite au CRIFA de Coaticook vendredi après-midi avant d’aller du côté de la ferme Les Broussailles de Martinville. Ils passeront quatre jours sur des fermes de la région à échanger avec les producteurs et développer de l’expertise.

Du Salvador aux fermes de l’Estrie

COATICOOK – Neuf producteurs laitiers salvadoriens arpentent présentement les routes de l’Estrie de ferme en ferme dans le but de réaliser un stage en production et en transformation laitière, leur permettant d’acquérir des connaissances qu’ils pourront diffuser à leur retour au pays.

Le stage, organisé par l’UPA Développement international en partenariat avec l’UPA-Estrie, se déroule du 10 au 28 septembre et à lieu en Estrie cette année. Il offre la chance à neuf représentants de la Central Cooperativa Agropecuaria, une coopérative agricole de la région de La Paz, de vivre une expérience unique dans un univers fort différent du leur. 

« C’est un exercice de partage de préoccupations et de connaissances sur une multitude de thèmes, tels la mise en marché ainsi que les volets organisationnels et techniques. Les producteurs voient les procédés et apprennent les techniques utilisées ici », explique Sébastien Guy, agent de projet à l’UPA DI, quant à la nature du stage.

De plus, à leur retour au Salvador, ces agriculteurs engagés auront comme mandat de partager leurs savoirs avec les membres des coopératives qui bénéficieront grandement de ces connaissances. 

« On accompagne des organisations paysannes d’ailleurs pour que l’information acquise soit répandue au plus de producteurs possible. En plus de recevoir des organisations de partout en Amérique du Sud et d’Afrique, on envoie aussi des spécialistes agroalimentaires du Québec en mandat de formation à l’étranger. C’est un programme de coopération internationale qui fonctionne à deux sens », poursuit-il, invitant les participants potentiels à visiter le site de l’UPA DI et de s’inscrire. 

Immersion complète

Les délégués vont être répartis sur cinq fermes différentes de l’Estrie à partir de mercredi et séjourneront pour une période de quatre jours dans leur nouveau milieu afin de maximiser leurs apprentissages par l’immersion.

« Pour les productrices et les producteurs d’ici et les membres de leur famille, ce séjour sera l’occasion de voyager tout en restant chez eux », fait valoir Valéry Martin, responsable du projet pour L’UPA-Estrie. « Ils découvriront plusieurs facettes de l’agriculture et de la culture de ce pays d’Amérique latine tout en leur transmettant leurs connaissances et leurs techniques de travail. »

Dans le climat actuel où la gestion de l’offre défraye les manchettes sur une base quotidienne, Sébastien Guy remarque que ces mesures sont nécessaires pour permettre aux producteurs d’avoir des conditions de production tolérables. 

« Évidemment, il n’y a pas encore de gestion de l’offre au Salvador. Conséquemment, les producteurs sont affectés et doivent travailler dans des conditions plus précaires. On espère conserver ces mesures ici pour le bien des producteurs locaux, mais aussi pour que la gestion de l’offre fasse des petits et se retrouve sur tous les marchés, permettant aux producteurs d’œuvrer dans de meilleures conditions», a relaté M. Guy après avoir échangé sur le sujet avec les stagiaires. 

Le secrétaire général d’UPA Développement international, André Beaudoin, a conclut en déclarant que de tels échanges directs entre agriculteurs du Nord et du Sud sont de beaux exemples de mondialisation des solidarités. 

«En se regroupant et en s’organisant, les productrices et les producteurs agricoles peuvent obtenir de meilleures conditions de vie et relever ensemble le défi de la souveraineté alimentaire. À l’UPA DI, nous voulons partager notre expérience et permettre une rencontre entre frères et sœurs de terre, puisque tous à leur façon et dans leur pays œuvrent à nourrir notre monde.»