Steve Lussier

Dossier Valoris: le maire exprime sa colère

« C’est inacceptable de voir quelqu’un sortir comme ça! » En deux ans, rarement le maire Steve Lussier, qui est aussi président de Valoris, aura été aussi virulent. Rarement aura-t-il laissé paraître autant de colère.

En point de presse jeudi midi, il dénonçait les suggestions de son collègue Pierre Tremblay, qui propose entre autres de fermer temporairement le centre de tri Valoris pour obtenir de l’aide du gouvernement.

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Steve Lussier était accompagné du directeur général par intérim de Valoris, Denis Gélinas, et a lu une déclaration du vice-président de Valoris, Robert Roy, qui ne pouvait être présent. Exhibant une pile de cahiers à anneaux, M. Lussier voulait démontrer le travail abattu par le C.A. du centre de valorisation des matières résiduelles pour en arriver à un plan de redressement.

« Ce plan-là ne s’est pas fait sur le coin d’une table au restaurant. De voir que des gens essaient de saboter le travail de toute une équipe, aussi vite qu’en 24 h après la publication du plan, ce n’est pas seulement le président qui est frustré, mais beaucoup de maires, de mairesses et de familles d’employés. Nous nous devions de rétablir la situation très rapidement. »

M. Lussier a rapporté des propos qu’il attribue à Robert Roy : « Je suis un peu tanné d’entendre M. Tremblay faire de la démagogie. Il est dommage qu’il utilise un message tendancieux pour faire avancer son agenda politique. Le plan est solide et nous pouvons avoir confiance en l’avenir. »

Steve Lussier a ajouté qu’une rencontre préparatoire était à l’horaire avec le ministre de l’Environnement Benoît Charette pour discuter des redevances que souhaiterait toucher Valoris. Quand pourrait-on espérer ces redevances? Difficile de le dire pour le moment. « Mais les sorties de M. Tremblay n’aident pas pour les délais. »

Denis Gélinas a invité la population à lire le plan de redressement de Valoris et à se faire sa propre idée. « La mission de Valoris est d’être un centre de tri. C’est la pierre angulaire de tout le système de gestion des matières résiduelles. Il n’a jamais été dans les plans de le fermer. Nous sommes à finaliser des études pour identifier les équipements nécessaires à la captation des biogaz, mais ce n’est pas vrai qu’on va aller sur la place publique pour dire avec qui nous négocions. Nous avons sur le fourneau beaucoup de discussions en cours », résume-t-il en réponse à M. Tremblay, qui souhaite qu’on identifie les clients qui pourraient apporter de plus grands revenus au centre de valorisation.

« Et on nous rebat à tout bout de champ les oreilles avec la dette de 41 M$. Mais c’est de l’argent qui a été mis dans des équipements qui ont une valeur. C’est un actif », précise-t-il. « Ne paniquons pas. Il suffit de bien contrôler le remboursement. Et c’est ce qu’on fait. »

À savoir s’il en coûterait moins cher d’enfouir les déchets dans une autre ville, alors que le traitement des matières résiduelles coûtera 241 $ la tonne à Valoris, M. Gélinas fait une mise au point. « Ailleurs, il ne serait question que d’enfouissement. Nous, nous ne sommes pas une dompe. On ne veut pas enfouir, [mais trier les matières]. Si les gens pensent que ça ne coûte rien, ils se trompent. »


« C’est une source hyper intéressante pour tempérer d’autres dépenses. »
Denis Gélinas

Denis Gélinas confirme par ailleurs qu’un budget de 600 000 $ est réservé pour agrandir la zone qui accueille les matières de construction, de rénovation et de démolition, des matières qui permettent en ce moment à Valoris d’engendrer des revenus. « C’est une source hyper intéressante pour tempérer d’autres dépenses. »

En mêlée de presse, le maire de Sherbrooke a aussi admis que les dépenses engendrées par Valoris seront responsables d’une partie de la hausse de taxes qu’absorberont les Sherbrookois. Il s’est refusé à en dévoiler l’ampleur, même si d’autres villes ont évalué l’impact à plus de 2 %.

En fin de journée, le conflit entre Pierre Tremblay et Steve Lussier s’est transporté sur Facebook, où M. Tremblay s’est dit victime d’intimidation. Il a rappelé qu’en campagne électorale, le maire proposait de s’opposer au règlement d’emprunt pour l’agrandissement du site d’enfouissement.

Steve Lussier et Denis Gélinas