La nouvelle logistique amène un grand casse-tête aux propriétaires de bars.
La nouvelle logistique amène un grand casse-tête aux propriétaires de bars.

Distanciation dans les bars : un casse-tête pour les propriétaires

« Les mesures de santé publique dans un bar en ce moment, c’est une méchante affaire à gérer », lance Nicolas Robillard, copropriétaire du Edgar Hyperlodge de Bromont et secrétaire-trésorier de la Nouvelle association des bars du Québec (NABQ).

Comme propriétaire de bar, il tient à respecter les règles et les consignes de la Santé publique pour la sécurité de ses employés et de ses clients. Et il croit que la majorité des propriétaires souhaitent en faire autant pour le bien de tous et en sachant que des inspecteurs ou des policiers peuvent entrer dans le bar à tout moment.

À LIRE AUSSI: Une fête lourde de conséquences

Mais la nouvelle logistique autour de ces établissements amène un grand casse-tête aux propriétaires de bars.

 « Les gens qui s’assoient, ça va bien. Mais quand les gens en boisson ne veulent pas rester assis, ce n’est pas facile à gérer. Nous, nous avons pris la décision de fermer plus tôt, dès la fin des soupers, justement pour éviter la période où les gens deviennent plus difficiles à gérer », indique-t-il.

 « Faire la police dans un bar pour faire asseoir des gens, aller revoir la même personne 25 fois, lui demander de partir et qu’elle ne veuille pas, ça demande aussi beaucoup d’ajustements », soutient M. Robillard.

« Et si tu as plein de personnes qui arrivent en même temps et que tu as seulement deux agents de sécurité à la porte, c’est difficile de faire quelque chose. Mais il faut trouver le moyen de s’ajuster pour le jour suivant », ajoute-t-il.

Lundi, le nouveau ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a prévenu les responsables de lieux de rassemblements, dont les propriétaires de bars, de terrasses commerciales, de plages ou de piscines, qu’ils ont la responsabilité d’assurer le respect des consignes de la Santé publique.

M. Dubé a précisé que son gouvernement est en train d’étudier ce qui pourrait advenir des permis des bars qui ne respecteraient pas ces consignes. Les propriétaires et les clients qui ne respectent pas les règles pourraient bientôt être passibles d’amendes. Le ministre Dubé a promis qu’un plan serait présenté aux Québécois d’ici jeudi.

Nicolas Robillard attend donc impatiemment le nouveau plan. « Il faut que les règles soient claires, nettes et précises. Quand il peut y avoir une interprétation des règles, c’est plus difficile de se faire respecter par des clients qui ont trop consommé d’alcool », indique M. Robillard.

Rappelons que plusieurs personnes ayant passé la soirée au Mile Public House de Brossard le 30 juin ont été déclarées positives au coronavirus.

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, croit que l’avertissement sérieux émis lundi par le ministre Christian Dubé est déjà un pas important dans la bonne direction.

« Nous avons eu un wake up call avec l’histoire en Montérégie. Il faut continuer de faire de l’éducation, de la prévention », indique le Dr Poirier.

« Il faut être conscient que quand certaines personnes ont bu, le deux mètres devient facilement deux pouces », ajoute-t-il.