D'Avenirs et de Passions est la campagne majeure de financement en cours à l'Université de Sherbrooke pour une cinquantaine de projets spécifiques.

Discorde pour une entente entre la Ville et l'UdeS

La campagne de financement d'Avenirs et de Passions de l'Université de Sherbrooke porte bien son nom. Elle a effectivement soulevé les passions au conseil municipal, lundi, alors que la Ville entérinait le protocole d'entente de dix ans avec l'Université de Sherbrooke. La conseillère Hélène Dauphinais a enregistré sa dissidence alors que sa collègue Annie Godbout exprimait des réserves.
Hélène Dauphinais
« Je pense qu'il y a de la duplication avec d'autres mécanismes que nous avons comme Entreprendre Sherbrooke. Ce que je déplore, c'est qu'il n'y a pas de mécanisme de retrait et on sait que c'est une entente qui a cours pour les dix prochaines années. Non seulement on engage le prochain conseil municipal, mais aussi le suivant. Ç'aurait été simple d'ajouter ce mécanisme », a indiqué Mme Dauphinais.
La contribution de la Ville à la campagne de financement est d'un minimum de 350 000 $ et peut atteindre 600 000 $ par année.
« Sur les montants prévus, 3,5 M$ proviennent essentiellement de l'ancienne entente. Le parc immobilier de l'Université rapporte des revenus en taxation. Ce qui a été construit dans les dix dernières années, nous continuons à donner l'équivalent de 50 % de ces rentrées de taxes à l'Université. Pour les 2,5 M$ supplémentaires, ce sera basé sur les nouvelles constructions de l'Université de Sherbrooke », a précisé Serge Paquin.
Hélène Dauphinais cite Sherbrooke Innopole, Pro Gestion, Well inc., autant d'organisations qui travaillent à développer l'entrepreneuriat. Elle craint l'éparpillement. « Pour moi, il y a redondance. L'argent que nous envoyons à l'Université de Sherbrooke peut servir à agrandir l'ACET, à ouvrir un autre incubateur. On fait encore du développement sur des bases qui comprennent tout et rien en même temps. »
Annie Godbout
Annie Godbout estime que l'entente est nécessaire, mais qu'elle pourrait être mieux ficelée. « Je suis d'accord qu'il y ait une entente avec l'Université de Sherbrooke dans une ville universitaire. C'est évident que l'Université est un acteur de développement économique pour la Ville de Sherbrooke. Ce sont quand même des montants importants. C'est important pour moi que les objectifs à atteindre par rapport à l'écosystème entrepreneurial qu'on veut mettre en place soient clairs. Qu'est-ce qu'on veut atteindre? Pour avoir une reddition de comptes, encore faut-il que les objectifs soient clairs. Des stratégies émergentes en entrepreneuriat, c'est bien beau, mais c'est quand même beaucoup d'argent que nous mettons en développement économique. J'aurais souhaité qu'on ait un plan très cohérent entre les différents organismes. Je ne pense pas que Well inc. est le seul organe qui stimulera le développement entrepreneurial à Sherbrooke
« J'ai été extrêmement déçu de l'arrogance de la réponse de M. le Maire en comité plénier. Quand je demande d'avoir un plan, vous dites que vous ne voulez pas avoir d'objectifs et que des prévisions sur dix ans, vous n'en aurez pas Mme Godbout. Je trouve que c'est arrogant. J'ai été une des premières à vouloir qu'on développe l'entrepreneuriat à Sherbrooke. Je suis déçue. J'aimerais qu'on puisse travailler ensemble. »
Bruno Vachon a aussitôt adressé des reproches à sa collègue. « Ces commentaires ont été dits à huis clos. Je ne suis pas certain que vous aimeriez qu'on ressorte tous les commentaires que vous passez dans les huis clos. Je vous inviterais à faire attention à vos propos Mme Godbout. Je ne suis pas certain que vous aimeriez que nous fassions la même chose. »
Vincent Boutin, lui, est en accord avec le protocole d'entente. « Je trouve que c'est un bon partenariat pour la Ville de Sherbrooke parce qu'il faut se rappeler que l'Université est un partenaire privilégié, sinon le plus gros partenaire. Ultimement, il y a une création de richesses qui en découlera », a-t-il commenté.