Les transporteurs aériens Air Creebec et Chrono Aviation sont intéressés à desservir l’aéroport de Sherbrooke avec un vol de passagers quotidien entre Sherbrooke et Montréal.

Deux transporteurs prêts à offrir des vols entre Sherbrooke et Montréal

Deux transporteurs aériens souhaitent offrir des vols commerciaux en partance ou à destination de Sherbrooke. Air Creebec et Chrono Aviation ont manifesté leur intérêt pour assurer des vols quotidiens entre Sherbrooke et Montréal.

Les deux transporteurs répondaient à un appel d’intérêt lancé en janvier dernier par la Ville de Sherbrooke et la Corporation de développement de l’aéroport de Sherbrooke (CDAS). Une analyse des propositions reçues des compagnies aériennes sera effectuée au cours des prochaines semaines. Les demandes de la Ville concernaient notamment l’expérience des transporteurs, le type d’avion et les permis détenus.

« Dès la semaine prochaine, on va se pencher sur les aspects légaux, mentionne Jean-François Ouellet, directeur général de l’aéroport de Sherbrooke. On va établir une grille d’évaluation pour faire le choix de notre transporteur. À nos yeux, ce sont deux excellentes et prospères entreprises québécoises. »

Il est encore trop tôt pour parler de prix des billets ou de fréquence des vols selon M. Ouellet. Il assure toutefois que ces points feront l’objet de négociations avec les transporteurs. Le choix final de la Ville et la CDAS sera connu « dans les prochaines semaines ».

« Je ne peux pas trop m’avancer là-dessus, car je ne sais pas ce qu’on va rencontrer comme paramètres, admet M. Ouellet. On souhaite que ça se passe rapidement. »

Parallèlement, la Ville de Sherbrooke poursuit ses représentations auprès du gouvernement fédéral pour obtenir une désignation, ce qui permettrait que les services de sûreté aéroportuaires, c’est-à-dire la fouille des bagages et des passagers, soient financés par le fédéral.

La Ville de Sherbrooke s’est déjà engagée à investir 250 000 $ par année pendant cinq ans pour la mise en service d’un lien aérien commercial. Cette contribution de la Ville est conditionnelle à la contribution du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR).

Deux options

Fondée en 2012, Chrono Aviation est une compagnie aérienne spécialisée dans le nolisement d’avion basée à Montréal, Québec et Rimouski. La compagnie possède une flotte d’une vingtaine d’appareils.

« On fait principalement du fly in fly out, souligne Dany Gagnon, cofondateur, copropriétaire et vice-président de l’entreprise. On transporte principalement des travailleurs en rotation. On a déjà exactement les appareils que la municipalité demande et on est déjà prêt à entrer en service. »

Air Creebec, établi à Waskaganish, est, pour sa part, surtout présent dans le Nord du Québec. Elle effectue des vols vers 16 destinations au Québec et en Ontario. Les bases principales sont situées aux aéroports de Val-d’Or, Montréal et Timmins, avec un centre à Moosonee, dans la baie James.

« Ça fait au moins trois ans qu’on est en pourparler avec la Ville de Sherbrooke, confirme Matthew Happyjack, président et chef de la direction. On a une flotte de 16 avions Dash 8 qui correspondent aux demandes de la Ville et on a un hangar à Montréal. »

24 minutes

Ni Dany Gagnon ni Matthew Happyjack ne pouvaient parler de prix à ce stade-ci des démarches.

« Ce qui est certain c’est qu’on ne pourra jamais comparer le prix d’un billet d’avion avec celui d’y aller en auto, précise M. Gagnon. Le concept derrière l’avion, c’est l’économie de temps. »

Un vol de Sherbrooke vers Montréal prendra environ 24 minutes selon M. Gagnon. Il s’agit selon lui d’une solution très efficace pour se rendre à l’aéroport de Montréal.

M. Gagnon a visité à plusieurs reprises l’aéroport de Sherbrooke et l’emplacement à l’extérieur de la Ville ne l’inquiète pas du tout.

« C’est typique de la plupart des aéroports, indique-t-il. Partout en région les aéroports sont à l’extérieur de la Ville pour s’assurer que les opérations ne nuisent pas aux résidents. Ça prend aussi d’immenses terrains. La plupart des aéroports sont organisés comme vous l’êtes à Sherbrooke. C’est mon opinion de pilote. »

M. Gagnon croit au potentiel économique de l’aéroport de Sherbrooke.

« Actuellement, l’aéroport de Sherbrooke est, comme plusieurs aéroports de région, plus un aéroclub. Ce sont des gens avec des avions qui en profitent. Ça ne génère pas beaucoup de développement économique en ce moment alors qu’il s’agit d’un projet porteur. Si demain matin il y avait un aéroport en ébullition avec une désignation, peut-être qu’un jour vous pourriez penser avoir des départs avec Sunwing par exemple comme l’aéroport de Mont-Joli ».