Deux entreprises de Sherbrooke flouées de plus de 250 000 $

Une femme d’origine française est accusée de deux importantes fraudes qui atteignent plus de 250 000 $ sur moins d’une année.

Marie-Élodie Huon est accusée d’avoir fraudé la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie et diverses coopératives qui en sont membres entre février et juin 2019 pour un montant dépassant 110 700 $.

Congédiée, elle a déniché un nouvel emploi chez Avantage Carr Estrie qu’elle aurait fraudé pour plus de 150 000 $ au cours de l’automne.

La femme de 34 ans était de retour devant le tribunal, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.

Assise dans un fauteuil roulant à la prison Leclerc à Laval où elle est détenue, c’est par visioconférence que Marie-Élodie Huon a comparu.

Son avocat Me Dave Drolet de l’aide juridique a reporté le dossier pour en poursuivre l’analyse.

Marie-Élodie Huon, qui était contrôleuse pour la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie, a d’abord participé à la plainte en février 2019 avant que les enquêteurs du Service de police de Sherbrooke découvrent qu’elle en était vraisemblablement à l’origine.

« Elle avait mentionné que l’ordinateur avait été piraté pour justifier des anomalies comptables », explique le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Des avances de fonds, des virements bancaires, des faux chèques et même des transferts en cryptomonnaie auraient été effectués à son profit durant la période s’échelonnant de février à juin 2019.

En plus de la fédération, la coopérative d’habitation progressive de Richmond, la coopérative d’habitation de Stanstead ainsi que les coopératives d’habitation Havre des pins et Petit quartier de Sherbrooke auraient été flouées. Elle est aussi accusée d’avoir modifié des données informatiques.

« Tout ramenait vers elle lors de l’enquête, tant et si bien que nous avons procédé à son arrestation », explique le porte-parole du SPS.

Le directeur général de la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie, Guillaume Brien, assure que tout a été mis en œuvre pour limiter les impacts de cette fraude auprès des coopératives victimes.

« Nous leur avons apporté tout le support nécessaire et nos assurances ont limité les impacts financiers. Nous avions mis en place des mesures de sécurité qui ont permis de découvrir très vite qu’il y avait des anomalies. C’est la personne qui avait les clés du coffre-fort qui est accusée d’y avoir pris de l’argent. Elle était à notre emploi depuis plus de cinq ans. Nos mesures de sécurité ont été renforcées », soutient M. Brien.

Libérée sous conditions en juillet 2019, Marie-Élodie Huon a déniché un nouvel emploi malgré ces accusations de fraude.

Même si elle s’était engagée à ne pas travailler en comptabilité, elle a trouvé un emploi au service de la paie d’Avantage Carr Estrie à Sherbrooke.

Dès sa première paie, elle aurait effectué un ajustement de son salaire de 5000 $ en septembre 2019.

Au cours de l’automne, elle a multiplié les faux chèques pour soutirer la somme de 113 500 $ entre octobre et novembre 2019. Elle a été congédiée à la suite de la découverte de son stratagème frauduleux. Un dernier chèque frauduleux de 40 000 $ a été intercepté par la Banque HSBC avant qu’il ne soit vraisemblablement encaissé par la fraudeuse alléguée.

La femme de 34 ans a été déclarée apte après une analyse de son aptitude à faire face au processus judiciaire à l’automne 2019.

La requête sur remise en liberté de Marie-Élodie Huon a été refusée malgré son absence d’antécédent judiciaire. 

Étant donné qu’elle n’est pas citoyenne canadienne, Marie-Élodie Huon risque l’expulsion vers la France si elle est reconnue coupable puis condamnée dans cette affaire.

C’est Me Véronique Gingras-Gauthier qui représente le ministère public.