Hélène Pigot, de Sherbrooke Citoyen, et Steve Lussier, les deux candidats à la mairie qui souhaitent déloger Bernard Sévigny, soulèvent des inquiétudes devant la gestion de la régie intermunicipale Valoris.

Deux aspirants maires s'inquiètent de la gestion de Valoris

Les deux candidats à la mairie qui souhaitent déloger Bernard Sévigny soulèvent des inquiétudes devant la gestion de la régie intermunicipale Valoris. Pendant que Steve Lussier propose de s'opposer au règlement d'emprunt qui permettrait d'agrandir le lieu d'enfouissement et de mettre Valoris sous tutelle, Hélène Pigot, de Sherbrooke Citoyen, estime que les poursuites ne sont pas une bonne solution pour régler les problèmes.
« Ça regarde tout le monde. Quand j'ai vu ce qui est sorti dans le journal, c'est venu me chercher personnellement affirme Steve Lussier.
«Il faut rouvrir le dossier le plus rapidement possible et arrêter de dépenser à droite et à gauche. Je me suis promené dans d'autres villes pour voir comment ça se passait. On nous demande d'investir encore là-dedans. C'est d'ailleurs la promesse du maire d'augmenter les taxes de 1 % pour couvrir les déficits de Valoris. C'est ça sa première promesse électorale? »
Rappelons que la Ville de Sherbrooke a dû prévoir 700 000 $ de plus cette année pour le tri de ses déchets en raison d'une hausse des tarifs de Valoris de 45 $ la tonne. Cette dépense incontournable s'élèvera à 1,4 M$ pour 2018, soit l'équivalent de 1 % de taxes.
« Je demande aux citoyens de signer un registre que je vais monter contre le projet de réinvestir encore pour faire faire des études. 900 000 $ pour des études (NDLR : pour l'agrandissement du lieu d'enfouissement). Ça va où? Je suis très curieux de savoir comment ils expliqueront cette dépense. Ce serait peut-être bon qu'on se retourne vers d'autres villes pour comprendre ce qui se passe. Est-ce que ce serait peut-être pas à d'autres compagnies de gérer ça au lieu d'investir encore? Peut-être que d'autres compagnies peuvent le faire pour beaucoup moins cher. Ça n'a pas de bon sens qu'on refile encore la facture aux citoyens. Je serai le chien de garde des citoyens. »
Hélène Pigot rejette d'emblée la solution proposée par M. Lussier. « J'entends Steve Lussier qui dit d'arrêter les investissements. L'idée d'arrêter les agrandissements me paraît une fausse solution. Que ferons-nous du bac noir quand il arrivera? Les problèmes se reposeront dans six mois. »
« Ce que je trouve incroyable, c'est qu'on puisse croire qu'on règlera de façon judiciaire ce dossier. Quand les avocats commencent à rentrer dans le processus, ça coûtera cher aux contribuables en frais judiciaires. Quelle que soit la résolution, le climat de confiance ne sera plus le même. Il faut absolument le faire de façon plus appropriée, à l'amiable. »
Une réévaluation
« Est-ce qu'on devait absolument arrêter les deux lignes de tri? Il semble que oui. Elles n'étaient pas rentables. Est-ce qu'on peut en faire autre chose et montrer du leadership en remettant tous les acteurs autour de la table? On est en train de cibler Valoris et la valorisation du bac noir, mais il faut aussi penser au bac brun et au recyclage. Il faut voir comment on veut valoriser les matières résiduelles en Estrie. Il faut vraiment un leadership pour que tout le monde puisse s'asseoir. »
Mme Pigot rapporte que des doutes avaient déjà été soulevés au point de départ. « Quand le projet a commencé il y a cinq ans, nous n'étions pas sûrs que c'était une si bonne idée. Des acteurs n'ont pas été consultés et ont dit : est-ce vraiment la bonne affaire d'investir autant dans la revalorisation du bac noir alors qu'on demande à la population de trier à la source? Il faut que le problème soit reposé. »