La présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, s’explique mal que les procès-verbaux de son organisation paramunicipale n’aient pas été déposés au conseil municipal pendant près d’un an.
La présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, s’explique mal que les procès-verbaux de son organisation paramunicipale n’aient pas été déposés au conseil municipal pendant près d’un an.

Destination Sherbrooke: la Ville avait les procès-verbaux depuis novembre

La présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, ne savait pas que les procès-verbaux de son organisation n’avaient pas été déposés à la Ville de Sherbrooke depuis pratiquement un an. Elle assure que la Ville avait les documents entre les mains depuis le mois de novembre.

L’ex-présidente de Destination Sherbrooke, la conseillère Annie Godbout, a admis lundi que les études présentant les impacts économiques du tourisme à Sherbrooke n’avaient pas été présentées dans leur intégralité aux élus avant que la Ville sabre 1 M$ dans le budget touristique. Elle a aussi admis avoir retenu le dépôt de procès-verbaux de Destination Sherbrooke de peur que des journalistes fassent des demandes d’accès à l’information concernant une de ces études.

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Sylvie L. Bergeron s’est montrée étonnée que ces procès-verbaux n’aient jamais cheminé jusqu’aux élus avant lundi.

« Le C.A. les avait déposés en novembre, mais ils ne semblaient pas avoir été transmis. On a beau être administrateurs, mais à partir de là, ça ne relève plus de nous. Les élus qui se posaient des questions sur Destination Sherbrooke n’ont d’ailleurs jamais levé la main pour réclamer ces procès-verbaux. Ce qui est blessant, c’est qu’on se fait taper sur les doigts comme si on ne faisait pas nos devoirs, mais nous avions déposé les documents. »

Le maire Steve Lussier se dit surpris de cette information. « J’ai demandé qu’on remette les politiques pour les procès-verbaux aux organismes paramunicipaux. Si la Ville les avait entre les mains, elle les aurait déposés au conseil. »

Une source au fait du dossier confirme toutefois à La Tribune que les procès-verbaux en question étaient prêts et dûment signés depuis le 4 novembre. Les procès-verbaux des réunions du C.A. de septembre 2019 à aujourd’hui n’ont pu être acheminés, quant à eux, parce qu’ils n’auraient pas été signés par la présidente, Annie Godbout. La même source rapporte que ces documents ont été signés cette semaine.

« En toute intégrité, je ne conçois pas que ce ne soit pas déposé. Si j’avais fait ça dans d’autres secteurs où je siège, je me serais fait lyncher », avance Sylvie L. Bergeron.

Des propos cruels

Quant aux propos tenus par les élus Pierre Avard et Pierre Tremblay à l’endroit de Destination Sherbrooke lundi, Mme Bergeron les qualifie de cruels.

Pierre Tremblay avait jugé que les membres du C.A. de Destination Sherbrooke s’étaient montrés condescendants en déplorant les coupes municipales de 1 M$ dans le budget de l’organisme œuvrant en tourisme. Pierre Avard estimait que les dirigeants de Destination Sherbrooke avaient manqué de respect envers les élus.

« Nous sommes déçus du processus, mais nous allons collaborer, assure Sylvie L. Bergeron. Nous voulions simplement défendre notre point de vue. De dire que nous sommes condescendants, je trouve ça cruel. Nos troupes ne sont pas très mobilisées. C’est cruel parce qu’ils parlent comme si nous n’étions pas conscients des difficultés budgétaires. Pensez-vous que nous ne le savons pas que les finances sont précaires, nous qui œuvrons en culture et en tourisme? On comprend que les 2 M$ dégagés par la Ville au sein des organismes de développement économique seront réinvestis là où ça fait le plus mal. Ce qu’on dit, c’est que l’industrie touristique rapporte et que nous avions un doute à savoir si les élus avaient eu accès à toutes les études. »

Les faits ont confirmé les doutes du C.A.

Le maire Steve Lussier a aussi affirmé lundi qu’il avait demandé aux membres des organismes paramunicipaux de ne pas s’adresser aux médias avant d’avoir réalisé l’exercice de coupe demandé. « J’essaye de ne pas parler, mais il est arrivé ce qui est arrivé. Si je ne réponds pas aux médias, on dira que je cache des choses. On n’est pas bien dans nos souliers », dit Sylvie L. Bergeron.

« Je fais juste réagir à ce qui se passe. Ce n’est pas nous qui avons commandé de retenir des procès-verbaux. Le maire ne sera pas content. C’est triste parce qu’il y a un bris de communication et ce n’est pas ce qu’on veut. »