Trente wagons contenant vraisemblablement du propane ont été stationnés dans une voie d’évitement en plein quartier résidentiel.

Des wagons de propane garés dans un quartier résidentiel de Deauville

La tragédie de Lac-Mégantic a eu lieu il y a un peu plus de six ans, mais les craintes sont encore grandes pour les citoyens habitant près des chemins de fer. Jeudi soir, une trentaine de wagons noirs ressemblant à ceux qui ont explosé à Lac-Mégantic ont été stationnés sans locomotive sur une voie d’évitement en plein cœur d’un quartier résidentiel situé à cheval entre Sherbrooke et Magog, tout près du lac Magog.

Alain Bouvier, un citoyen du secteur, se dit inquiet. « Il y a des trains qui passent régulièrement, mais il y a également une voie d’évitement pour les trains. Selon moi, il n’a pas d’affaire à rester ici, car il n’évite pas un autre train [qui arrive en sens contraire]. Il est carrément stationné », décrit-il, visiblement mécontent.

« Ce n’est pas normal, continue-t-il. Je ne sais pas si c’est plein ou vide. Ce n’est pas un parc industriel ici. Il y a à l’occasion des trains qui comportent des matières dangereuses qui passent ici, mais je n’ai jamais vu autant de wagons stationnés en plus de 20 ans dans le secteur », affirme-t-il, ajoutant que « la dernière fois que j’ai vu autant [de wagons], c’était en juillet 2013 et il a explosé à Lac-Mégantic. »

Alain Bouvier, un résidant de Deauville, est inquiet de la présence de wagons contenant vraisemblablement du propane à quelques mètres de sa maison.

Selon certaines sources, un problème mécanique serait à l’origine de cette décision. Ces mêmes sources affirment que les wagons transportent du propane, informations que Chemins de fer du Centre du Maine et du Québec (CMQR), le successeur de la MMA, n’a pas voulu confirmer. Une locomotive est venue chercher les wagons à 18 h 30, vendredi soir.  

Les citoyens du secteur ont souvent eu à faire appel au CMQR. « On a fait des pressions depuis quelques années pour éviter que la voie de desserte et la voie principale servent de stationnement. Ce n’est pas une gare de triage », rappelle M. Bouvier.

Alain Bouvier avoue qu’il a vu des wagons stationnés à cet endroit à quelques reprises ces 20 dernières années. « Depuis deux ans, il y a beaucoup d’endroits pour stationner dans le parc industriel de Magog. Depuis ce moment, il y en a beaucoup moins. Habituellement, il reste quelques heures », décrit-il.

La porte-parole du Comité pour la sécurité ferroviaire secteur Deauville-Magog, Anne LeBel, rappelle que des ententes avaient été conclues avec l’entreprise. « Éviter de faire de l’entreposage sur la voie d’évitement, ne plus faire de triage de nuit et de couper le moteur de la locomotive au bout de 15 minutes d’arrêt », énumère-t-elle.

De son côté, le coordonnateur des mesures d’urgence à Sherbrooke, Stéphane Simoneau, a mentionné qu’il n’y avait pas de danger imminent. Il n’a pas voulu commenter la situation en détail.  

Pas d’interdictions

De son côté, Transports Canada n’interdit pas l’entreposage de wagons sur la voie d’évitement, et ce, sans restriction de temps. « Certaines mesures de sécurité doivent cependant être appliquées. Les exigences que les entreprises doivent respecter pour sécuriser les wagons avant de les laisser sans surveillance peuvent être trouvées à la règle 112 du Règlement sur l’exploitation ferroviaire », a réagi l’organisation par courriel.

De plus, « Transports Canada a mis en place des exigences plus strictes pour protéger les collectivités le long des lignes de chemin de fer, poursuit-il. Le nouveau Règlement d’exploitation ferroviaire du Canada comprend un tableau du nombre de freins à main à serrer pour immobiliser un matériel roulant ou des mouvements laissés sans surveillance et une vérification de l’efficacité des freins à main est requise. De plus, au moins un autre dispositif d’immobilisation physique ou mécanique doit être utilisé. »