Le citoyen Thierry Nootens, ex-porte-parole de la Coalition Sherbrooke milieu de vie et artisan du référendum contre le plan d'urbanisme en 2007, a effectué un retour à l'hôtel de ville de Sherbrooke lundi pour dénoncer le projet de déménagement de Costco au plateau Saint-Joseph.

Des voix s'élèvent encore contre le déménagement de Costco

Le citoyen Thierry Nootens, ex-porte-parole de la Coalition Sherbrooke milieu de vie et artisan du référendum contre le plan d'urbanisme en 2007, a effectué un retour à l'hôtel de ville de Sherbrooke lundi pour dénoncer le projet de déménagement de Costco au plateau Saint-Joseph. La candidate à la mairie Hélène Pigot a elle aussi remis en doute la décision du conseil en cette matière.
Thierry Nootens
« 24 postes d'essence sur le plateau St-Joseph. Est-ce que c'est ça la réponse de Sherbrooke aux changements climatiques? Pourtant, tous les experts environnementaux ont démontré que la lutte aux GES est d'une importance absolue. Si je comprends bien, les automobilistes feront un détour par le plateau pour quelques sous de moins, un deuxième détour pour retourner chez eux ou au travail, dépensant une deuxième fois en chemin l'économie réalisée, en émettant plus de GES en cours de route. C'est inepte et c'est inqualifiable », a commenté M. Nootens.
« Lutter contre les GES, ça demande du muscle. Les villes ne sont-elles pas dotées d'un schéma d'aménagement pour orienter leur développement dans le sens du bien commun? Sherbrooke avait la possibilité de dire non et elle ne l'a pas fait. Est-ce qu'on doit faire confiance à un conseil qui navigue à l'aveugle en matière d'urbanisme et d'environnement? La localisation périphérique du plateau renforce la dépendance à l'automobile et la pollution concomitante. Plus on le développe, plus les commerces existants écopent. Nous avons affaire à un modèle commercial déjà dépassé. Notre ville s'empresse de venir en aide à une monumentale erreur urbanistique qui n'aurait jamais dû voir le jour. Je mets au défi les professionnels de la Ville de Sherbrooke de nous expliquer en assemblée publique en quoi c'est bon pour le développement durable de développer encore plus le plateau Saint-Joseph. »
Thierry Nootens s'est interrogé à savoir si les intérêts des multinationales passaient avant les souhaits des citoyens. Il a aussi déploré le possible abandon des référendums citoyens après l'adoption de la loi 122. « On peut lire sur le site du Renouveau sherbrookois que ses valeurs de base incluent développement durable, participation citoyenne et transparence. RS, peut-être que ça veut dire Royaume Sévigny. »
Hélène Pigot, elle, craint l'impact de l'arrivée de Costco et de ses 24 pompes sur les plus petits commerces. « La régulation des prix par un gros joueur n'a jamais servi les citoyens, parce que ça tue les petits commerces et après, Costco peut mettre le prix qu'il souhaite. Avez-vous vraiment bien évalué l'impact de l'ouverture de ces 24 postes à essence pour les petites stations de quartier?
« Dans le marché de la concurrence, il y a des stations-service qui ouvrent. Chaque fois qu'il y a une offre, on ne fait pas une étude exhaustive sur l'impact sur le tissu commercial à Sherbrooke. Quand on regarde l'étude du ministère de l'Énergie toutefois, il y a un problème. À Sherbrooke, on paye l'essence trop cher », a répondu le maire Bernard Sévigny, rappelant entre autres la collusion qui sévissait dans le cartel de l'essence il y a quelques années.
« Je suis préoccupée par ce qui se passe dans le monde municipal. Il y a une crise depuis plusieurs années. Les taux de participation aux élections nous parlent. Il y a des choses qui alimentent ce cynisme, des choses sur lesquelles nous n'avons pas eu de prises, notamment l'abolition des référendums municipaux et la décision prise sur le Costco. Je voudrais savoir comment le conseil s'assurera de représenter la volonté réelle des gens dans ce dossier-là », a interrogé la citoyenne Julie Dionne.
« C'est une question d'appréciation. Je ne suis pas sûr qu'elle est partagée par l'ensemble de la population. J'ai entendu beaucoup de gens qui étaient favorables. J'entends votre préoccupation. Nous n'avons pas fait de sondage pour savoir quel pourcentage de la population était favorable. Il reste que la décision a été prise à majorité par le conseil », a répondu le maire Sévigny.