Angel-Émiro Guapacha et son avocat Me Christian Raymond.
Angel-Émiro Guapacha et son avocat Me Christian Raymond.

Des suggestions de peine opposées pour Guapacha

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Coupable d’une sauvage agression sexuelle commise à l’endroit d’une serveuse de bar à Sherbrooke, Angel-Émiro Guapacha s’expose à des peines diamétralement opposées allant d’une à quatre années de prison.

S’il s’excuse des gestes pour lesquels il a été reconnu coupable, l’accusé persiste et signe lors des observations sur la peine qui se déroulait, mardi au palais de justice de Sherbrooke, en affirmant qu’il ne se souvient pas des évènements.

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« Même si je n’ai aucun souvenir, même si la serveuse n’a aucun souvenir, je m’en excuse. Suite à ce que j’ai vu sur le vidéo, du fond du cœur je demande pardon à la mère pour en être arrivé à un tel comportement. Aucun mot ne peut exprimer ce que je ressens. Je demande pardon », a affirmé Guapacha devant le tribunal.

L’accusé a été reconnu coupable en octobre 2019 d’une agression sexuelle d’une serveuse dans un bar de Sherbrooke,

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec l’avait trouvé coupable d’agression sexuelle causant des lésions corporelles dans la nuit du 18 au 19 janvier 2017.

L’établissement où est survenue l’agression n’est pas révélé pour ne pas identifier la victime dans cette affaire.

Des blessures, rougeurs et égratignures ont été constatées par les policiers au bas du ventre, sur la cuisse droite, sur le genou droit, au bas du dos, aux bras, au sein gauche, au poignet et dans le cou de la victime.

L’intégrité des vidéos des caméras de surveillance du bar de même que la déclaration faite par l’accusé le 19 janvier 2017 ont aussi été admises lors du procès.

Ces évènements ont bouleversé la vie de la victime, qui ne veut maintenant plus mettre les pieds dans la région.

Devant le tribunal, la mère de la victime a mentionné que sa fille a vécu difficilement la suite de cette agression.

« Elle a développé beaucoup d’agressivité et de l’antipathie. Peu importe la personne, elle se braque. On ne la reconnaît plus », signale la mère de la victime.

Cette dernière estime que la famille a été brisée par ce crime de Guapacha.

« Avant l’incident, ma fille rayonnait. Elle aimait les gens peu importe la personne. Elle était ouverte à tout le monde. Maintenant, c’est tout le contraire. Elle ne veut même plus aller au restaurant. Il faut sans cesse la calmer », signale la mère de la victime.

Lors de son témoignage, Guapacha a affirmé qu’il savait ce qu’était la souffrance avant de s’effondrer en larmes dans le box des détenus.

« L’impact je le vis depuis le jour suivant les évènements. Peu importe la peine, ça ne changera pas ce que j’ai vécu. En Colombie, j’ai déjà connu cela de repartir une vie à zéro. Ce sera maintenant entre mes mains », a indiqué l’accusé.

Positions opposées

La juge Claire Desgens avait ordonné sa détention après l’avoir reconnu coupable. 

Les deux partis ont des positions diamétralement opposées dans la suggestion de peine à imposer à Guapacha.

L’avocat de la défense Me Christian Raymond demande qu’une peine de 18 mois de détention soit imposée et que l’on retranche la détention provisoire équivalente à six mois. La défense suggère donc une année de prison avec une probation de deux ans.

La procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier demande au tribunal que quatre années de prison soient imposées à l’accusé. Peine de laquelle quatre mois de détention provisoire pourraient être retranchés.

Angel-Émiro Guapacha avait porté le verdict en appel et il avait présenté une défense d’intoxication involontaire. Cette défense n’a pas été retenue.

Entre 23 h et 2 h la nuit des évènements, plusieurs « shooters » ont été commandés, soit 16 de toutes sortes.

Les évènements criminels ont été filmés par les caméras de surveillance de l’établissement. Une vidéo de 12 heures a été présentée lors du procès.

Le concierge de l’établissement a trouvé la serveuse couchée au sol avec Guapacha près d’elle vers 5 h en entrant au travail.

Guapacha avait laissé son numéro de téléphone au concierge de l’établissement pour retrouver son cellulaire après les évènements.

La peine sera imposée le 18 février.