Les élus continueront de se rassembler grâce à la technologie jusqu’en janvier.
Les élus continueront de se rassembler grâce à la technologie jusqu’en janvier.

Des salles plus grandes pour le conseil municipal?

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le maire Steve Lussier a annoncé la semaine dernière que les citoyens ne pourront pas assister à une séance du conseil municipal à l’hôtel de ville avant janvier. Si les élus ont semblé se rallier à cette décision, certains avaient tout de même proposé des compromis, notamment la possibilité de trouver des salles plus grandes pour tenir le conseil municipal en personne.

C’est la proposition du conseiller Marc Denault, qui souhaitait une analyse de sites comme le Centre de foires ou le centre Julien-Ducharme. « Nous pourrions avoir des centres d’urgence, COVID ou pas, pour tenir des réunions élargies pour des sujets chauds. Un centre d’urgence pourrait être temporaire ou permanent. »

M. Denault souhaitait aussi qu’on attende quelques semaines pour prendre une décision. « Je trouvais qu’il était trop tôt pour faire une analyse à une semaine de la rentrée scolaire. La rentrée est une période critique, alors que des gens arriveront de partout au Québec et même au Canada. Après on pourra voir l’évolution de la pandémie. »

Le conseiller du district du Golf rapporte avoir hâte de retourner à l’hôtel de ville. « Je n’espère pas terminer le mandat à la maison. »

Rappelons que les prochaines élections municipales sont prévues en novembre 2021.

Son collègue Paul Gingues s’est rallié tout en soulevant lui aussi la possibilité de salles plus grandes et plus adaptées au contexte de la pandémie. « Personnellement, je préconisais la présence des élus dans un premier temps, en incluant les conseillers d’arrondissement, et qu’on attende à l’automne pour voir si on pouvait inviter les citoyens à assister aux séances. Il y avait toutefois une crainte des élus de voir une deuxième vague et nous nous sommes habitués à la visioconférence. Il y aurait aussi eu des frais à installer des plexiglas et à déplacer des bureaux. La décision est la meilleure à ce moment-ci. »

M. Gingues ne croit pas que l’exercice démocratique soit entaché pour autant. « Je reçois plus que jamais des demandes citoyennes par courriel, par Facebook ou par téléphone. Le contact citoyen se porte très bien. »

Annie Godbout et Évelyne Beaudin soulignent néanmoins que les questions des citoyens lues au conseil municipal ne sont pas envoyées aux élus, même si, au dernier conseil, on affirmait qu’on ferait suivre les commentaires qui ne comportaient pas de questions.

Mme Beaudin, qui ne voit pas de problèmes avec la vidéoconférence, voudrait néanmoins qu’on ajoute des façons pour les citoyens de poser des questions. « J’ai toujours trouvé qu’on devait revenir tout le monde en même temps, élus et citoyens, ou pas du tout. J’étais un peu craintive d’un scénario où il aurait fallu sélectionner des citoyens à cause du nombre limité de places dans la salle. »

La conseillère du district du Carrefour reconnaît qu’il n’y a jamais eu autant de citoyens qui ont posé des questions. « On peut quand même faire mieux. On serait capables d’avoir un ensemble d’outils pour poser des questions en direct, comme la vidéo ou le téléphone. Le plus gros désavantage de lire les questions en séance du conseil, c’est que l’exercice de reddition de compte est moins efficace parce que les réponses sont rédigées à l’avance. Ce qui est important pour moi, c’est de revenir à la possibilité de poser des questions en direct. »

Dans le même sens, elle estime que l’exercice démocratique souffre davantage dans les séances du conseil d’arrondissement, où il n’est pas possible de suivre les délibérations en direct. Elle propose que les enregistrements vidéo des séances soient disponibles.

Elle ajoute avoir appris dans La Tribune que les séances du conseil en personne étaient suspendues jusqu’en janvier. « Les discussions ont eu lieu à huis clos, mais normalement, les décisions doivent se prendre en séance publique. J’ai toujours remis en question les utilisations abusives du huis clos. Ça vaudrait la peine qu’on en reparle en public. »

Enfin, Annie Godbout dit avoir entamé les discussions avec ouverture et s’être ralliée à la majorité. « J’ai très hâte d’être entourée de gens pour travailler, mais on dirait que tout devenait compliqué pour assurer les rencontres en personne. Il y a aussi l’enjeu de ceux qui ont des personnes plus fragiles à la maison. »

La conseillère du district de Rock Forest assure que le conseil en vidéoconférence n’est pas une façon d’éviter les citoyens. « Ça ne m’est jamais passé par la tête. C’est dans notre quotidien de rencontrer les citoyens. »

Les élus devraient-ils réévaluer régulièrement leur choix de faire les séances à distance? « On ne peut pas passer une heure et demie chaque fois là dessus. Il faut gagner en efficacité... »