L'affichage hâtif de certaines pancartes électorales a donné lieu à une guerre des mots entre certains candidats.

Des protestations, mais aucune plainte

Plusieurs affiches électorales sont « apparues » dans les rues de Sherbrooke avant minuit vendredi, heure à laquelle s'est amorcée officiellement la période électorale en vue du scrutin du 5 novembre.
Or, le fait de poser de telles affiches avant la période électorale constitue une infraction à la règlementation municipale, pour laquelle les contrevenants s'exposent à une poursuite devant les tribunaux, et à une amende advenant une condamnation.
La candidate indépendante dans St-Élie, Christelle Lefevre, a été la première à sonner la charge en dénonçant les candidats du Renouveau sherbrookois, Sébastien Aubé et Robert Pouliot, pour avoir posé leurs affiches avant minuit.
« La réglementation dit bien que l'affichage n'est autorisé qu'à partir de minuit! Plus tôt dans la soirée, j'interpellais personnellement à ce sujet Monsieur Pouliot en train de placer ses panneaux dans Ascot en lui rappelant qu'il y a des règles à respecter! Comment les CROIRE quand ils nous disent de leur faire confiance quand ils ne sont même pas capables de suivre une simple petite règle??? » a écrit Mme Lefevre sur sa page Facebook.
Des accusations auxquelles Sébastien Aubé ne s'est pas dérobé, allant même jusqu'à qualifier cette pratique de « tradition folklorique » :
« Mon équipe s'est rapidement mise en oeuvre, c'est tout à fait vrai. Mais on peut en dire autant des indépendants ainsi que des représentants de l'autre parti. Il n'y a rien de surprenant dans tout cela, c'est toujours comme ça, dès la nuit tombée, c'est comme une 'tradition folklorique », a répliqué M. Aubé en invoquant des raisons de sécurité.
« Un bénévole a pas mal plus de chance de se blesser dans une échelle à deux heures trente du matin, plutôt qu'à neuf heures et demie. Et ne venez pas me parler de faire de l'affichage en plein jour, car ça, c'est encore plus dangereux, à cause du trafic évidemment! »
Au bureau de la présidente d'élections, la secrétaire d'élections, Me Marie-Claude Perron, confirme qu'une telle pratique peut faire l'objet d'une poursuite... à condition qu'une plainte soit déposée.
« Ça nous prend une déclaration écrite d'un plaignant, signée, avec une photo, s'il en a une, indique Me Perron. Sinon, à tout le moins sa déclaration écrite, dans laquelle le plaignant indique qu'il a vu un panneau à tel endroit, à telle heure. Cette déclaration est ensuite remise au contentieux de la Ville de Sherbrooke qui, lui, a le pouvoir de faire émettre un constat d'infraction en vertu de la règlementation municipale. »
Or, malgré les protestations exprimées sur les réseaux sociaux, aucune plainte n'avait été déposée auprès de la présidente d'élections, en fin d'après-midi vendredi. « On a reçu des appels de citoyens, mais aucun n'a voulu s'identifier », indique Me Perron.