Gilles McInnis, président de la Corporation des métiers d’art de l’Estrie, et Lyne Montmeny, la directrice générale de l’organisme, souhaitent que les visiteurs soient nombreux au 30e Salon des métiers d’art de l’Estrie, qui s’amorce mercredi au Centre de foires de Sherbrooke.

Des perles rares pour les 30 ans du Salon des métiers d'art de l'Estrie

Le Salon des métiers d’art de l’Estrie fête ses noces de perle. Pour marquer le coup, les organisateurs ont proposé aux 75 artistes qui seront présents de mercredi à dimanche au Centre de foires, de dévoiler au public l’une de leurs plus belles créations surnommées « perles rares » pour l’occasion.

« Nous avons demandé aux créateurs de nous présenter leur pièce coup de cœur qu’ils ont réalisée pour les 30 ans du Salon ou une œuvre qu’ils ont réalisée dans les dernières années et qui est particulière pour eux. Tout ça sera regroupé et merveilleusement présenté dans une galerie d’art », explique Lyne Montmeny, directrice générale de la Corporation des métiers d’art.

La majorité des 60 kiosques seront tenus par des artistes estriens. Le comité organisateur a tout de même été chercher quelques amoureux de la matière première à l’extérieur de la région.

« Nous faisons ça pour offrir une variété de produits à nos visiteurs, pour combler des disciplines que nous n’avons pas ici. Nous travaillons toujours pour avoir toutes les familles de créateurs », souligne celle qui orchestre ce salon depuis plus de 20 ans. 

Rencontrée par La Tribune à la boutique des artisans sur la rue Frontenac, Mme Montmeny a profité de l’occasion pour discuter de l’évolution des métiers d’art dans les trois dernières décennies. Surtout, elle estime qu’il est temps de se défaire de l’image folklorique qui colle à ces techniques de création traditionnelles

« Oui, nous préservons des savoirs-faire anciens, mais on innove, on réfléchit. On a une belle variété de matières que l’on peut utiliser qu’on utilisait moins avant. On travaille avec des outils informatisés qui nous permettent d’innover dans nos techniques. On va vraiment chercher le maximum de la matière et c’est ça la magie des métiers d’art : comment un artiste peut, à partir d’un matériau qui existait il y a 2000 ans, arriver à créer quelque chose de tout à fait nouveau », souligne-t-elle.

Elle donne en exemple le travail d’un jeune artisan qui sera présent au Salon pour la première fois.

« C’est un ébéniste de la région qui fait un travail très design, très contemporain. Pourtant, il travaille une matière traditionnelle, soit le bois, mais il le travaille de façon très originale. Nous avons une autre artiste qui travaille la pierre avec des morceaux du Bouclier canadien, des roches très anciennes, très dures, mais son travail s’inscrit dans un courant de création moderne en produisant entre autres des pierres à whisky », fait valoir celle qui est également connue pour ses sculptures de coq en bois.

Le Salon des métiers d’art de l’Estrie attire bon an mal an quelque 7000 visiteurs. Mme Montmeny espère qu’ils seront encore plus nombreux cette année. Le retour à l’achat local qui guide de plus en plus les choix des consommateurs pourrait d’ailleurs donner un bon coup de pouce aux créateurs de ce côté, estime-t-elle.

« Nous espérons profiter de cette mouvance. Les acheteurs qui ont été pendant des années adeptes des grandes surfaces se tournent tranquillement vers nous. Et c’est tant mieux, parce que n’oublions pas que nous sommes les gardiens du patrimoine futur... Ce que l’on crée aujourd’hui, ce sont les antiquités de demain. »

Vous voulez y aller?

Salon des métiers d'art de l'Estrie
Centre de foires
Du 27 novembre au 1er décembre
Coût : 5$
Gratuit pour les moins de 16 ans