Entre 2000 et 3000 Estriens de toutes origines, de tous genres et de tous les âges ont envoyé un message clair dimanche matin : la brutalité policière et le racisme systémique n’ont plus leur place.
Entre 2000 et 3000 Estriens de toutes origines, de tous genres et de tous les âges ont envoyé un message clair dimanche matin : la brutalité policière et le racisme systémique n’ont plus leur place.

Des milliers d'Estriens s'allient contre le racisme [PHOTOS ET VIDÉO]

SHERBROOKE — Entre 2000 et 3000 Estriens de toutes origines, de tous genres et de tous les âges ont envoyé un message clair dimanche matin : la brutalité policière et le racisme systémique n’ont plus leur place. 
Une manifestation ne peut se dérouler sans pancartes aux messages forts.

Devant la foule, avant le départ, une organisatrice, Ornella Yely, a rappelé que la mort de George Floyd était quelque chose de « barbare et violent ». « On a tous déploré l’acte de ce policier qui a mis fin à la vie de M. Floyd. Mais M. Floyd n’est pas le seul à avoir succombé aux balles de la police. Vous devez vous demander pourquoi est-ce qu’on fait une manifestation à Sherbrooke pour des gens qui sont morts aux États-Unis, mais il n’y a pas qu’aux États-Unis que des gens meurent aux mains de la police. Ici aussi des personnes sont mortes à cause de la brutalité et la bavure policière », exprime-t-elle, citant notamment Bony Jean-Pierre, Andrew Loku, et Pierre Coriolan.

Danny McConnell a aussi pris la parole devant les manifestants, qui se sont arrêtés devant le quartier général du Service de police de Sherbrooke (SPS). « Le SPS est avec vous aujourd’hui, le SPS est solidaire avec vos actions aujourd’hui! a scandé le directeur du SPS sous les applaudissements de la foule. Il faut effectivement dénoncer certaines actions qui ont eu lieu à Minneapolis. Le SPS dénonce ces actions. Il y a une façon de procéder et celle-ci est complètement contre nos valeurs de respect, éthiques et de professionnalisme », assure-t-il.

La foule a ensuite posé un genou par terre et gardé huit minutes de silence. Les policiers ont retiré leur casquette, mais ne se sont pas agenouillés, suscitant une légère grogne chez les manifestants. Les organisateurs ont cependant salué la marque de respect des agents de la paix. 

Étonnement

Eliane Ciza, membre de l’organisation de la manifestation, s’est dite étonnée de voir autant de gens. « Mais on est très contentes de voir que Sherbrooke se soucie autant de la communauté noire et de voir qu’on a tant de soutien dans notre bataille contre les injustices raciales que la communauté noire vit », renchérit-elle.

Est-ce qu’il y a encore du racisme à Sherbrooke? « Le racisme qu’on vit, c’est juste par rapport à la différence, répond Love Elonga, une autre organisatrice de la marche. En arrivant ici, on te fait remarquer que tu es différente. Ça peut être de manière positive ou négative, mais disons que le côté négatif est plus grand. Au Canada, le racisme est subtil. Quand on est jeunes, on ne le prend pas trop, mais quand on grandit, plus on réalise que c’est blessant et qu’il y a des limites à ne pas dépasser »

Changements

Selon le directeur de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, Boubacar Cissé, le racisme a changé depuis son arrivée au Québec il y a presque quatre décennies. « Quand je suis arrivé dans les années 1980, on ne voyait même pas de signes de racisme. Les gens que je rencontrais étaient extrêmement ouverts. Avec l’arrivée de la diversité de plusieurs communautés dans le monde, le racisme a évolué », analyse-t-il.

« Des efforts sont faits cependant, relativise M. Cissé. On essaie de se rapprocher de notre communauté d’accueil. On continue, on sait très bien qu’il faut persévérer. »

M. Cissé se réjouit que ce soit des jeunes qui ont organisé cette manifestation. « C’est formidable. Je vois que c’est la jeunesse qui parle. C’est la jeunesse qui bâtira le Québec de demain pour avoir un meilleur futur. La jeunesse est là. Ils ont une cause commune. Que tu sois Jaune, Blanc, Noir, Rouge ou de n’importe quelle religion, tu es un Être humain », résume Boubacar Cissé.

Une manifestation ne peut se dérouler sans pancartes aux messages forts.