« Ce sont des réactions spontanées. Les gens trouvaient que l’idée de rassembler tout le monde était très intéressante. [...] Les gens sont contents de la démarche. Ils sont sensibles à la cause. Les réactions sont très positives. Des gens m’ont envoyé des courriels pour offrir leurs services », a commenté l’ancien maire Jean Perrault à La Tribune, dimanche.

Des idées pour sauver La Tribune

Des gens d’affaires et des politiciens de Sherbrooke ont ajouté leur grain de sel dans le dossier de la sauvegarde de La Tribune. Une idée du conseiller municipal Vincent Boutin a fait réagir sur les réseaux sociaux : celui-ci a proposé que la Ville de Sherbrooke achète des abonnements et les distribue à des gens dans le besoin.

« Ce qu’on a vécu la semaine dernière, ç’a bousculé un peu tout le monde qui veut faire sa part, analyse le conseiller du district des Quatre-Saisons. Donner une aide financière simplement, on manquerait notre cible. Je pense que La Tribune doit jouer un plus grand rôle. Il y a un volet d’éducation citoyenne qu’on pourrait faire avec ça. La survie du journal ne deviendrait pas une fin en soi, mais un moyen pour faire quelque chose de plus grand. »

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Abonnements, publicités et amour

Six idées reçues sur l’aide financière aux médias

M. Boutin pense qu’une initiative de la sorte pourrait faire augmenter le taux de participation aux élections municipales, qui est « toujours relativement bas », selon lui. « Pour que les gens s’intéressent au municipal, on doit tout mettre en œuvre pour que ce soit plus accessible. Est-ce qu’on pourrait cibler des quartiers où on sait qu’il y a plus de pauvreté, plus de décrochage scolaire, pour donner des abonnements et favoriser la lecture et l’intérêt local? On fait plus qu’assurer la survie de La Tribune. De plus, plus il y a d’abonnements, plus il y a de revenus publicitaires. On tombe dans un cercle vertueux », s’enthousiasme le politicien.

Une partie du projet pourrait également s’adresser aux Néo-Canadiens. « On pourrait en donner aux nouveaux arrivants pour qu’ils puissent voir ce qui se passe, connaître le volet politique, mais également les volets culturel et sportif pour favoriser cette intégration. À mon avis, c’est quelque chose d’assez simple », pense Vincent Boutin.

« Je n’en ai pas encore parlé à mes collègues, poursuit-il. Quand j’ai vu l’idée de ressortir les avis publics, j’ai réfléchi beaucoup. J’ai eu cette initiative de dire : si on voyait plus grand. L’occasion est bonne de prendre un pas de recul et de réfléchir en tant que communauté. Je suis content d’ailleurs de voir les leaders de la région se mobiliser », indique-t-il, ajoutant qu’il soumettra son idée aux autres conseillers lorsqu’il reviendra au travail.

L’ancien maire Jean Perrault, lui, a trouvé intéressante l’idée du conseiller municipal. « Ça pourrait être fait par plusieurs autres personnes, comme des compagnies qui pourraient acheter le journal à leurs employés pour encourager l’achat d’abonnements. Ça peut être l’Université qui offre gratuitement l’abonnement aux étudiants », ajoute M. Perrault qui est fortement impliqué dans la mobilisation pour assurer la pérennité de La Tribune.

Une coop?

Pour l’homme d’affaires Pierre A. Cameron, une coopérative serait une belle option pour le journal régional. « Je crois au mouvement coopératif, car tout le monde devient partie prenante au niveau du journal. Autant les camelots que les journalistes, les réceptionnistes, et les abonnés », commente celui qui a été copropriétaire du Groupe Cameron.

« Actuellement, des gens ont pris le flambeau, se réjouit-il, faisant référence à Jean Perrault et à la vingtaine de leaders qui se sont réunis la semaine dernière dans les locaux de La Tribune. Je trouve ça extraordinaire, on appelle ça du vouloir. Il va falloir mettre en place le côté pouvoir, regarder pour un montage financier. Soit pour faire l’acquisition et pour s’assurer de la pérennité des emplois. À La Tribune, il y a une belle expertise et un professionnalisme qui est en place qu’on ne peut se permettre d’égrainer », résume-t-il.