Pierre Vignau, Danielle Lemieux, Annick Sauvé, Vanessa Cournoyer-Cyr, Sonia Bolduc, Stéphanie Benoit et Yves Harnois était l'équipe de Humains de Sherbrooke présente à Estrie Aide samedi.

Des histoires toujours étonnantes, après plus de 50 portraits

SHERBROOKE — Le projet Humains de Sherbrooke comptait 59 portraits en date de cette semaine. Et même après autant d’échanges, chaque nouvelle personne qui désire partager une petite partie d’elle-même apporte quelque chose de nouveau. Samedi, le comité a rassemblé 25 nouvelles histoires, aussi unique l’une que l’autre.

« Ce qui est fascinant, c’est que ça en fait plusieurs que l’ont fait et il n’y a pas deux histoires pareilles. Les gens ont le réflexe de dire qu’ils n’ont rien à dire, mais quand on réussit à faire sortir quelque chose d’eux, ils ont leur histoire bien à eux, qui est très singulière », assure Vanessa Cournoyer-Cyr, coordonnatrice du projet.

Humains de Sherbrooke est un projet photographique mettant en lumière des visages d’ici aux histoires multiples. Il est né il y a un peu plus d’un an, et les membres du comité avaient invité les citoyens à venir les rencontrer dans les locaux d’Estrie Aide samedi, ne serait-ce que pour parler du projet, ou partager une histoire. 

« La dernière fois qu’on a fait ça, on avait eu à approcher davantage les gens. [Samedi], il y avait beaucoup de gens qui sont vraiment venus pour ça. J’ai été agréablement surprise. C’est de voir ceux qui venaient partager leur histoire, oui, mais aussi ceux qui venaient parler du projet. Ça pour moi, c’est beaucoup, c’est une belle tape dans le dos. Ça nous donne le goût de continuer. Ça nous dit que ce projet là nous fait du bien, mais qu’il fait aussi du bien à d’autres », explique Mme Cournoyer-Cyr.

En effet, la participation à cette rencontre prouve que le projet gagne en appréciation et en visibilité.

L’approche initiale pour dresser les portraits est d’aller à la rencontre des gens dans la rue, tout bonnement. « C’est vraiment deux approches différentes. Là, les gens le savent, ils savent un peu de quoi ils veulent nous parler. Les gens venaient nous voir parce qu’ils avaient le goût de partager quelque chose, mais ne savaient pas nécessairement quoi. Ça fait qu’on sait jamais sur quelle histoire on va tomber. On le découvre et on accueille ça », ajoute la coordonnatrice.

Mme Cournoyer-Cyr et son comité approchent maintenant 85 portraits. L’objectif de départ était d’en réaliser 100. « Notre projet de livre commence à s’installer dans nos esprits, on commence à le voir de plus en plus. C’est quelque chose sur lequel on risque de travailler pas mal dans les prochains mois pour être capables de lancer le livre avec les 100 portraits quand on les aura, du moins c’est ce qu’on souhaite ».

Oser raconter...

Passions, parcours de vie, nouveaux départs ou des causes et valeurs importantes... toutes les histoires sont bonnes. 

Parmi ces 25 Sherbrookois venus rencontrer le comité samedi, Annie Boutin était de celles voulant partager sa passion. La jeune femme a un style particulier, elle aime le rétro, le vintage et elle le montre dans son habillement, sa coiffure et son maquillage tous les jours.

« J’en ai pas vu beaucoup des humains à Sherbrooke qui sont arrangés comme moi, donc si ça peut attirer d’autres personnes à s’intéresser à ça ou encore s’il y a des filles qui s’habillent un peu comme moi, je peux me faire d’autres amies », dit-elle en rigolant.

Quand elle était jeune, elle accompagnait son père lors d’expositions de voitures antiques, croisant plusieurs personnes arborant un style rétro. C’est là que l’intérêt est apparu. La rencontre d’aujourd’hui à Estrie Aide était le moment parfait pour elle de partager cette petite partie de sa personnalité, et qui sait, lorsque son portrait sera publié, peut-être que d’autres femmes passionnées de mode vintage la contacteront.

« À Sherbrooke de voir qu’on a autant de diversité, je trouve ça plaisant. Je suis contente de voir que, oui je suis unique, mais je ne suis pas la seule à être unique », ajoute-t-elle.

Pour Danielle Lemieux, c’est une raison bien différente qui l’a poussée à participer au projet. 

« Ma voisine vient de décéder, c’était une vieille fille dans la maison d’à côté et on se côtoyait de temps en temps. Je l’ai appris en lisant sa notice nécrologique dans le journal. C’est pour dire qu’elle a existé, de dire son nom. Je trouvais triste de penser qu’elle était morte seule chez elle. Elle a existé, elle a fait une vie Sherbrooke et je voulais en profiter pour lui rendre hommage. Je trouve important de marquer les deuils. Moi j’en parle naturellement et je sais qu’il y en a des fois qui sont moins à l’aise de parler de ça », partage-t-elle.

Chaque mercredi, un portrait est publié sur les pages Facebook et Instagram Humains de Sherbrooke.