L’amorce des travaux majeurs au centre-ville de Sherbrooke suscite des interrogations chez des commerçants de ce secteur.

Des Grandes-Fourches : le branle-bas se prépare

L’amorce des travaux majeurs au centre-ville de Sherbrooke suscite des interrogations chez des commerçants de ce secteur. Si la rue Meadow est la première à être reconstruite, de plus grandes artères comme la rue des Grandes-Fourches Nord suivront au cours des prochaines semaines.

Le copropriétaire du garage Octo situé sur la rue des Grandes-Fourches Nord Jean-François Loubier n’est pas inquiet outre mesure. « C’est difficile de tout anticiper. On va s’ajuster. On va peut-être fermer un certain temps, dépendamment de l’accès qu’on a au commerce. Nous, si les travaux se passent avant l’Action de grâce, c’est correct. Si c’est après, on va être en difficulté. Si on n’est pas en mesure de commencer notre pose de pneus, c’est ce qui va faire le plus mal. Selon eux, ils devraient avoir terminé notre secteur », dit-il, rappelant que les propriétaires de commerces au centre-ville sont au courant des plans de la Ville depuis longtemps.

« C’est un beau projet, ajoute-t-il. Après les travaux, ça devrait embellir le centre-ville. C’est un mal pour un bien. »

Jean-François Bédard, copropriétaire de la boutique Glori.us, se sent un peu plus inquiet. Il se dit cependant confiant. « C’est sûr que c’est une inquiétude pour n’importe quel propriétaire de commerce ou de bureau. On espère et on pense que la Ville a fait ses devoirs. On s’attend à ce que la circulation soit bien détournée et que notre centre-ville soit accessible pour les gens qui viennent de l’extérieur », exprime-t-il.

« Quand tu es en affaires, tu as des imprévus, continue M. Bédard. C’est de regarder ta business et de trouver des solutions pour passer au travers de ces moments. En espérant que la Ville minimise ces impacts pour ne pas qu’on se retrouve avec un trou de 15 pieds en avant de notre commerce durant trois mois comme c’est arrivé à Magog. Il faut que les échéanciers soient respectés. »

L’ancien président de l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke analyse qu’il n’y a pas beaucoup de grandes chaînes dans ce secteur. « Les commerçants au centre-ville, souvent, ce sont des petites entreprises. Quand tu manques un mois de travail, ça fait mal. Souvent, les propriétaires sont sur leur plancher, alors c’est leur pain et leur beurre », décrit-il.

Pour sa part, la propriétaire de la boutique Belle et rebelle, Kim Paré-Gosselin, assure que la communication avec la Ville est bonne. « Il y a quand même une belle publicité faite pour qu’on reste positifs par rapport aux changements à venir. J’ai l’impression que nos clients vont venir nous voir. On reçoit des avis de la Ville pour les détours qu’il y aura. C’est à nous de partager ça auprès de nos clients », exprime-t-elle, réaffirmant qu’elle croit au centre-ville.

Le propriétaire du garage Octo de la rue des Grandes-Fourches Nord, Jean-François Loubier, estime que les travaux sont un mal pour un bien.

Communications

Pour le conseiller à la dynamisation secteur centre-ville pour Commerce Sherbrooke, Philip Bastarache, les commerçants sont résilients. Avec la réfection de la rue des Grandes-Fourches Nord, l’érection du projet Well Sud et la modification de la rue Galt Ouest, il sera difficile de circuler dans la ville. Les communications entre les institutions et les commerçants seront importantes.

« Les commerçants sont conscients que c’est un passage obligé, assure-t-il. Ils sont conscients que ce sera difficile et attendent beaucoup de Commerce Sherbrooke et de la Ville par rapport aux communications. Ce serait facile d’en échapper, mais si on oublie de diffuser une information, ça peut être très problématique, par exemple pour ce qui est des livraisons. »

Des employés de Commerce Sherbrooke ont discuté avec les propriétaires d’entreprises. « On a fait une rencontre le 11 juin dernier avec les commerces impactés, donc les deux garages sur la rue Grandes-Fourches Nord, les commerces aux coins King Ouest et Grandes-Fourches. On les a rencontrés pour présenter le projet et connaître leurs inquiétudes. J’ai envoyé une lettre aux 300 commerçants et on a fait du porte-à-porte pour connaître les préoccupations », explique-t-il, ajoutant que les gens d’affaires peuvent entrer en contact avec lui s’ils ont des questions ou des inquiétudes.

Comment vont les commerces au centre-ville?

« C’est assez variable. Quand je vais voir les commerçants, certains me disent que ça va très bien et que leur chiffre d’affaires est en augmentation. Pour d’autres, ce n’est pas très facile, il y a une diminution du chiffre d’affaires. Je pense surtout à certains restaurateurs, un domaine plus difficile. Ce n’est pas noir ni blanc », résume M. Bastarache

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Jour J pour le projet des Grandes-Fourches

Le grand projet de la réfection de la rue des Grandes-Fourches Nord débute. La première phase visant à reconstruire la rue Meadow s’est amorcée lundi. « C’est un ensemble de travaux. Il fallait remplacer des conduites d’égouts et d’aqueducs. On en profite pour préparer les travaux de l’an prochain, soit le pont », explique l’ingénieur au service des infrastructures urbaines, Michel Cyr.

« Il y aura des travaux importants sur la rue Meadow pour passer des conduites sous-terrains, explique M. Cyr. On va commencer par creuser des puits pour faire des forages sous la voie ferrée. Il y aura trois conduites installées graduellement. Il n’y aura pas de difficultés de circulation, mis à part pour les accès au stationnement. Il y aura le stationnement de la Grenouillère dont les accès se feront uniquement de la rue Frontenac. À l’inverse, pour le stationnement Webster, ça se fera par les rues Albert, Meadow et Webster. »

La deuxième phase, celle qui affectera la rue Grandes-Fourches Nord, s’entamera lundi prochain. « Ce sera fermé durant huit semaines. Il y aura accès aux commerces par King Ouest et par Frontenac par la suite », résume l’ingénieur.