La transformation de quatre postes de conseillers à l’amélioration continue en postes permanents, à la Ville de Sherbrooke, a entraîné des froncements de sourcils lundi à l’hôtel de ville.

Des élus froissés d’être pressés de voter

La transformation de quatre postes de conseillers à l’amélioration continue en postes permanents, à la Ville de Sherbrooke, a entraîné des froncements de sourcils lundi à l’hôtel de ville. Plus que la décision elle-même, c’est le fait de transmettre l’information aux élus à la dernière minute qui en a irrité plusieurs. Évelyne Beaudin a d’ailleurs tenté de faire reporter la décision, sans succès.

La démarche d’optimisation lancée en 2014 visait à réaliser des économies récurrentes de 11 M$. En plus d’atteindre cet objectif, l’équipe en question a développé 15 projets dans la dernière année et demie pour dégager des économies de 827 000 $, en plus de 5315 heures de productivité. Dans le même sens, on note une amélioration de la satisfaction du personnel de 36 %, et de celle des citoyens de 34 %, des mesures réalisées par sondages et en constatant la diminution du nombre de plaintes.

Mme Beaudin a expliqué que le dossier avait été déposé lundi en après-midi alors qu’une décision devait être prise le soir même. « C’est la première fois que nous étions en contact avec ce dossier-là, du moins les nouveaux élus. Je considère ne pas avoir eu assez de temps pour me faire une tête. Nous pourrions en discuter à une séance ultérieure pour nous approprier le dossier », a-t-elle dit.

La proposition de retirer le point de l’ordre du jour a été défaite à 9 votes contre 6.

« Tout le monde est favorable à l’amélioration continue. Les questions que j’avais étaient de savoir comment on avait déterminé le nombre d’embauches et que vont faire ces gens-là. Y aurait-il eu d’autres façons de faire de l’amélioration continue avec un budget moins élevé? Aux services de l’environnement, des loisirs et des parcs, je ne trouve pas que ça s’est fait sans impact pour la population. On a vu énormément de diminution dans la qualité des services. Les citoyens avaient auparavant accès directement aux fonctionnaires. Avant de donner un chèque en blanc, j’aurais aimé en discuter », a dit Évelyne Beaudin.

Paul Gingues a pour sa part mentionné avoir étudié en gestion des ressources humaines dans les années 1980. « On travaillait déjà là-dessus, sur les concepts de participation des employés à l’optimisation. Je trouve que ce sont de très bonnes idées. L’ironie fait que nous n’avons pas pu participer quand on nous l’a présenté. Je ne suis pas contre le truc, mais nous n’avons pas eu le temps de débattre comme il faut. »

Pierre Avard ne voit pas la nécessité d’accorder des permanences. « Ayant vécu dans mon ancienne vie ce type de réorganisation, il y a une limite qu’on atteint. Ce que je trouve, c’est qu’il n’était pas nécessaire de convertir des postes qui sont déjà là. On s’engage déjà pour l’an prochain et on n’a aucune idée si on ira chercher la valeur de plus de 300 000 $ qui sera ajoutée dans le budget. »

Son collègue Pierre Tremblay s’inquiétait lui aussi surtout du caractère permanent des emplois.

Annie Godbout a rappelé qu’elle avait été agacée plusieurs fois dans le précédent mandat par des dossiers qui nécessitaient une décision rapidement. « Il n’y avait pas d’urgence de faire atterrir ce projet-là ce soir. C’est une question de forme qui est problématique. Il faut prendre bonne note qu’il faut échelonner sur plus qu’une soirée ce type de dossier. »

Chantal L’Espérance se disait fortement en accord avec le projet. « Avec les résultats obtenus, je ne crois pas que les citoyens puissent être contre ça. Le fait de conserver des gens pour continuer à générer des économies, c’est une saine gestion. On a tendance à retomber dans nos vieilles pantoufles si on ne maintient pas le cap sur l’amélioration continue. »

Le choix n’était pas difficile pour Rémi Démers, qui estime qu’il y a encore place à faire plus avec moins. « Je n’ai aucune inquiétude que le montant supplémentaire qu’on investit sera rentabilisé dès la première année. »

« Dans une organisation comme la nôtre, pour les prochains deux ou trois ans, nous serons en mesure de trouver du travail à ces gens-là », assure Marc Denault.

Vincent Boutin retenait pour sa part que la Ville dégage 1,25 $ net par dollar investi.