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Des cours en soirée sur les campus, malgré le couvre-feu

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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 Non, ce n’est pas une erreur : des étudiants auront bel et bien des cours en présence en soirée, parfois à 20 h.

La réception des horaires a suscité certaines interrogations chez des étudiants inscrits au Cégep de Sherbrooke, de même que pour leurs parents.

Alors que la rentrée aura lieu le 18 janvier au Cégep de Sherbrooke, des étudiants ont reçu des horaires avec des cours en soirée, dont à 20 heures. Le décret permet de tenir des cours en soirée et l’institution s’assurera que les étudiants puissent avoir tous les papiers nécessaires pour y prendre part sans problème, indique le directeur des études au Cégep de Sherbrooke, Éric Gagné.

Au moment de l’entrevue, mardi après-midi, des vérifications étaient toujours en cours pour la mécanique de fonctionnement.

« Ce qu’on nous a dit, c’est qu’un étudiant qui a son horaire et sa carte étudiante est capable de démontrer que s’il est à l’extérieur, c’est parce qu’il avait un cours », avance-t-il en ajoutant que l’institution menait des vérifications. 

L’établissement remet également des attestations aux étudiants qui sont en stage, puisque celui-ci n’apparaît pas toujours à l’horaire. 

Quant aux parents qui assurent le transport de leur enfant, l’institution devra aussi se pencher sur cette question. 

Éric Gagné note que le nombre de cours en soirée n’a pas été augmenté. Cette plage horaire permet de maintenir la présence tout en étendant l’achalandage, indique-t-il.

À l’Université de Sherbrooke, on indique que, « comme convenu avec les services policiers, les étudiants pourront montrer leur carte étudiante et leur horaire » s’ils sont interpellés par un agent de la paix.

L’établissement indique qu’il n’y aura pas de production d’attestation supplémentaire. Cette façon de faire est valide pour l’ensemble des campus, à Sherbrooke et à Longueuil. Dans une communication envoyée à la communauté universitaire, l’UdeS rappelle que « la Sécurité publique autorise les déplacements durant la période du couvre-feu (entre 20 h et 5 h le matin) pour les étudiantes et étudiants de l’Université qui prennent part en présentiel à des activités inscrites à leur horaire. »

Taux d’échec pas catastrophique

Par ailleurs, le taux de mention « Incomplet » s’élève à 10,8 % au Cégep de Sherbrooke, selon des données préliminaires. 

La mention Incomplet entraîne l’annulation du cours, mais a l’avantage de ne pas affecter la moyenne générale. 

Ce sont quelque 1300 personnes qui ont fait des demandes d’annulation, soit l’équivalent de 3400 cours annulés. Or, le fait de pouvoir se prévaloir de cette mention pour des raisons liées à la COVID semble avoir un impact sur le taux d’échec, qui est moins important que ce qu’on aurait pu anticiper. 

Éric Gagné

Habituellement, les étudiants peuvent demander une mention « Incomplet » pour des raisons de santé. À l’automne 2019, le taux d’incomplet était de 1,6 %. 

Dans le contexte de la COVID, les étudiants peuvent aussi demander cette mention pour des raisons liées à la pandémie : difficultés d’organisation liées au contexte, difficulté de connexion, etc. Les étudiants avaient jusqu’au 23 décembre pour le faire, et ce, avant le dépôt de la note. 

La mention Incomplet touche donc 10,8 % des inscriptions-cours, soit quelque 3400 sur 30 000 inscriptions. Selon M. Gagné, environ 8,5 % des cours ont fait l’objet d’un échec.

En comparaison, à l’automne 2019, le taux d’échec était de 11,6 %. 

« On tourne toujours entre 10 et 11 %, c’est même un peu plus bas que d’habitude parce que les étudiants pouvaient abandonner des cours », commente M. Gagné.  

Le taux de réussite est un peu plus de 80 %. Comme il s’agit de chiffres préliminaires, les taux peuvent varier d’un ou deux pour cent.