Isabelle Courval, Sylvain Desrosiers, et Éric Le Couédic souhaitent éviter la destruction du boisé longeant la rue Farwell et De Rouville.
Isabelle Courval, Sylvain Desrosiers, et Éric Le Couédic souhaitent éviter la destruction du boisé longeant la rue Farwell et De Rouville.

Des citoyens contre la destruction d’un boisé derrière les Promenades King

SHERBROOKE — Des citoyens s’opposent à un projet de destruction d’un boisé, appartenant à Immex Société Immobilière, derrière les Promenades King. Ils revendiquent plusieurs aspects dont l’environnement et la santé. 

Sylvain Desrosiers, Isabelle Courval et Éric Le Couédic sont propriétaires d’immeubles sur la rue Farwell. Le 9 juin dernier, ils ont appris que le boisé derrière leurs maisons allait être rasé pour laisser place à une aire de stationnement.

Ils s’opposent à ce projet et revendiquent l’aspect environnemental de la cause. 

« C’est un boisé qui a toute une histoire. Il a 70 ans et il est majestueux avec des arbres matures », soulève M. Le Couédic qui est chargé de cours en environnement à l’Université de Sherbrooke. 

Il soutient également que la faune est bien installée à cet endroit. « Il y a des oiseaux et des écureuils. Il y a tout un écosystème agréable. D’un coup, on va se retrouver avec une clôture métallique, un précipice, plus d’arbre et une vue sur les Promenades King. » Mme Courval mentionne également que le déboisement peut avoir un impact sur la santé physique et mentale des citoyens du secteur. 

Le groupe souligne vouloir collaborer avec Immex Société Immobilière. Isabelle Courval souhaite que le processus entourant les travaux soit suspendu en attendant que les deux parties trouvent une entente. « On a besoin de temps. On ne veut pas se battre contre Immex. Il participe à l’économie de Sherbrooke, on est capables de s’en rendre compte. Sauf, qu’on veut que ce soit avec les résidents. » 

Le conseiller municipal du district du golf, Marc Denault, croit que la meilleure solution est la discussion. « Les deux parties ont tout à gagner en échangeant. Je pense que s’ils entreprennent des mesures légales par le temps que cela se règle, les installations seront faites. J’ai offert aux citoyens de leur donner un coup de main. »

Le groupe dénonce un manque de communication.

Sylvain Desrosiers croit que les gens touchés par ce déboisement auraient dû être mis au courant plus rapidement. « Le représentant d’Immex m’a informé qu’en novembre 2019, la compagnie a fait la demande pour le permis, puis elle l’a reçu en décembre. En tant que propriétaire, je suis au courant six mois après. »

Le conseiller municipal, Marc Denault, souligne que les permis demandés ne nécessitaient pas de consultations citoyennes. « Il n’y a pas de changement de zonage, il n’y a pas de dérogation mineure, ce qui fait en sorte que l’entreprise peut demander un permis. En tant qu’élu, on n’est pas dans la boucle de ce genre de démarches. »


« Les gens se sont approprié une partie du terrain pour aménager du stationnement. »
Marc Denault

Le groupe de citoyens souhaite invoquer « la prescription acquisitive » prévue par l’article 2910 du Code civil du Québec (C.c.Q) qui pourrait jouer en sa faveur. Ce texte de loi mentionne que « la prescription acquisitive est un moyen d’acquérir le droit de propriété ou l’un de ses démembrements, par l’effet de la possession. » 

« Ce n’est pas juste le boisé. Il y a également l’implantation de plusieurs équipements appartenant aux résidents de la rue Farwell et De Rouville. Les gens se sont approprié une partie du terrain pour aménager du stationnement, des aires de jeu et de repos », affirme M. Denault. Il souligne également que le terrain est une zone commerciale. 

« On s’allie tous, car chaque propriétaire a utilisé le terrain d’Immex de manière différente, note M. Le Couédic. On veut éviter d’avoir un découpage en dents-de-scie sur chacun des terrains. On veut simplement s’entendre sur une ligne qui favorise tout le monde. Ça nous permettrait de sauver un maximum d’arbres matures. » 

La Ville de Sherbrooke a délivré le permis à Immex Société Immobilière pour l’agrandissement du bâtiment principal des Promenades King ainsi que pour les aménagements extérieurs, dont un stationnement de surface, le 5 décembre 2019. Le service des communications de la Ville de Sherbrooke souligne que le boisé n’est pas un endroit protégé.

La Tribune n’a pas été en mesure de joindre un représentant de la société immobilière.