La vérificatrice générale Andrée Cossette assure que « malgré de nombreuses lacunes dans la gestion de l’entretien de son matériel roulant, la STS a réussi, jour après jour, à mettre en service le nombre de véhicules requis pour assurer aux usagers son offre de service en transport en commun.

Des autobus roulaient malgré une interdiction

Des véhicules de la Société de transport de Sherbrooke ont circulé même s’ils étaient l’objet d’une défectuosité, sans toutefois mettre en péril la sécurité des usagers, relève la vérificatrice générale Andrée Cossette. Sur un échantillon de véhicules présentant des défectuosités, ce sont 126 sorties qui ont été faites malgré une interdiction de circuler et un autobus a été utilisé pendant cinq sorties même si sa rampe pour fauteuil roulant n’était pas fonctionnelle.

Mme Cossette soulève entre autres qu’il n’y a pas, à la STS, « de processus de diagnostic formalisé pour les inspections et aucun employé n’y est spécifiquement attitré. Cela peut entraîner de la surmaintenance ou de la sous-maintenance. » La loi exige par ailleurs qu’une ronde de sécurité soit effectuée sur un véhicule avant qu’il prenne la route, loi qui aurait donc été transgressée selon elle.

« J’ai analysé les données des années 2016 à 2018 [...] et mon audit révèle qu’en 2018, 6 % des inspections au Programme d’entretien préventif ne respectaient pas la règlementation. Les bris peuvent être petits ou gros. Je ne suis pas là pour juger l’ampleur du bris, mais pour savoir si on respecte les règles. Certains bris sont mineurs, mais la loi est très stricte », commente la vérificatrice générale.

Andrée Cossette assure que « malgré de nombreuses lacunes dans la gestion de l’entretien de son matériel roulant, la STS a réussi, jour après jour, à mettre en service le nombre de véhicules requis pour assurer aux usagers son offre de service en transport en commun. « La STS se fait une priorité de ne pas mettre la sécurité des citoyens en danger. »

Parmi les problèmes de gestion à la STS, notons le système informatique désuet dans lequel les informations ne sont pas toujours complètes. « En 2018, dans 23 % des cas de réparation à la suite d’un code moteur, la STS n’a aucune indication sur la nature de la réparation. » Il n’existe toutefois pas d’outil informatique pour la gestion des garanties sur les véhicules. Les vérifications se font manuellement.

La vérificatrice se fait plus dure au regard du mode de planification des travaux, qu’elle juge inefficient et qui occasionne, selon elle, des dépenses évitables et des pertes de temps. « Par exemple, le même véhicule peut être attribué en même temps à un mécanicien et à un carrossier. La même inspection est planifiée deux fois à des mécaniciens différents ou des travaux déjà faits sont planifiés à nouveau, ce qui occasionne des pertes de temps et le risque que les pièces soient changées inutilement. »

Andrée Cossette a donc formulé 44 recommandations et un plan d’action devrait être soumis avant la fin septembre. « Je recommande de revoir l’organisation du travail pour la planification du matériel. »

La vérificatrice générale s’est concentrée sur les véhicules de la STS et n’a donc pas tenu compte de ceux des sous-traitants.