Anne-Caroline Coutu (à droite) et son cheval sont très populaires au Salon national des animaux de compagnie.

Des animaux qui accompagnent dans la mort... et dans la vie

Les animaux de l’entreprise Toutous poilus aident des gens qui en sont à leurs tout derniers moments sur Terre. Les animaux d’Anne-Caroline Coutu s’étendent avec des patients qui ont demandé l’aide médicale à mourir afin que ceux-ci puissent ressentir un maximum d’amour avant de partir.

« Les animaux vont accompagner les gens dans leurs derniers moments de vie, décrit la zooanimatrice et propriétaire de Toutous poilus, Anne-Caroline Coutu, qui était présente au Salon national des animaux de compagnie présenté au Centre de foires afin de parler des services qu’elle propose. Parfois, les patients vont sélectionner leur animal avant qu’ils décèdent. Un monsieur m’avait demandé un petit chien, mais m’avait spécifié qu’il n’aimait pas les lapins. Quand le moment est venu, le chien ne voulait pas y aller, probablement à cause de l’énergie. J’ai pris un lapin et je l’ai couché sur le monsieur. Il s’est couché de tout son long. L’homme a quitté cette vie avec ce lapin, qui voulait vraiment y aller. L’homme est décédé et le lapin est resté là. Même pour les gens autour, il y avait quelque chose de beau dans ce départ, qui est toujours difficile », décrit-elle, ajoutant qu’elle trouve difficile le moment où les animaux refusent la demande d’un patient. Cependant, celle-ci ajoute qu’il faut toujours les respecter dans cette décision.

Pascal, un cheval miniature, a accompagné un enfant dont la maman allait mourir. « L’enfant aimait beaucoup le cheval. Il est venu l’aider pour laisser partir sa mère. Il y a des moments très, très touchants. Beaucoup d’émotions se vivent. Le cheval était sensationnel », raconte-t-elle, visiblement émotive.

La mort des humains est arrivée dans la vie des animaux de Toutous poilus il y a trois ans, par accident. « On est entrés dans une chambre et ça s’est passé. J’ai vu les animaux qui étaient bons et ceux qui l’étaient moins. J’ai des chiens qui se sont immédiatement mis à japper. Aline, une chienne, est allée dans les bras d’un proche, qui a pu la serrer. C’était le premier décès que je voyais » se rappelle Mme Coutu, qui « ne se rendra jamais riche d’argent avec son entreprise, mais qui est riche de souvenirs ».

Écoles 

En plus des personnes en fin de vie, les poules, lapins, cobayes, hérissonnes, chiens, chats et le cheval de Toutous poilus visitent les résidences pour personnes âgées et les écoles de la région. Quelques-uns d’entre eux ont commencé leur « carrière » dans les CHSLD il y a neuf ans. « Pour la santé mentale de mes animaux, je devais changer de clientèle. On voulait garder l’enthousiasme des animaux dans leurs relations avec les humains. Je devais leur permettre de voir autre chose que des personnes âgées. On est donc entrés dans les écoles. On a fait des garderies », indique-t-elle.

« On a maintenant un volet pour les enfants différents, dit Mme Coutu. On travaille avec les handicapés intellectuels, les jeunes avec un trouble du spectre de l’autisme. On prend des animaux qui ont des petites différences. On a des poules à qui il manque un ongle, un lapin avec un trou dans l’oreille. On est capable de voir que l’animal est très beau dans sa différence, que l’animal est très apprécié. Des jeunes s’associent à cette différence ».

En tout, Mme Coutu retient les services d’une trentaine d’animaux. Certains sont à elle et d’autres sont des « partenaires ».

Plus d’informations sont disponibles au www.toutouspoilus.com. Le Salon national des animaux de compagnie se poursuivra jusqu’à dimanche, 17 h.