Plusieurs affiches demandant aux automobilistes de réduire leur vitesse apparaîtront un peu partout à Sherbrooke dont sur la rue de Gaspé. Sur la photo, Lucie Desgagné, Gabrielle Guillot, Daniel Guillot, Laurence Guillot, François Villeneuve, Nicole Gauvin et André Roy, tous des résidents de la rue.

Des affiches qui poussent un peu partout

Les Sherbrookois ne devront pas s’étonner de voir apparaître de nombreuses affiches leur suggérant de réduire leur vitesse à 40 km/h dans les zones résidentielles. L’initiative du citoyen Jimmy Duval-Caux est en train de faire boule de neige à Sherbrooke.

Le résident de la rue Marini près du boulevard Mi-Vallon a déjà vendu 44 affiches après en avoir installé deux sur son terrain au début du mois de septembre. On peut lire sur les affiches « Ralentissez pour notre sécurité. Dans un quartier résidentiel, rouler 40 km/h maximum. C’est plus sécuritaire pour tous. La réglementation de la ville de 50 km/h maximum est beaucoup trop vite pour un quartier résidentiel. »

« Il y a un boom, les gens m’écrivent le nom de leur rue où les gens roulent trop vite, mentionne-t-il. J’en ai à Fleurimont, Rock Forest, dans le coin de l’Université et sur Belvédère, c’est partout. J’en ai une à Shawinigan, une autre à Drummondville et j’en ai fait une spéciale à un ami pour son camping. J’en ai commandé 20 et elles sont déjà toutes vendues, je vais les recevoir lundi.»

M. Duval-Caux ne s’attendait pas à l’ampleur que toute cette histoire a prise.

« C’était mon souhait pour faire en sorte que la Ville de Sherbrooke s’ouvre les yeux, indique-t-il. Ça va faire du bouche à oreille, il y a surement des voisins qui vont demander où les gens ont pris les affiches. Je veux créer un mouvement pour faire abaisser la vitesse à 40 km/h et pour faire en sorte que les erreurs ne se répètent pas dans les nouveaux quartiers résidentiels.»

M. Duval-Caux admet que les pancartes n’ont pas l’impact souhaité sur tous les automobilistes de son quartier.

« Je veux faire comprendre aux gens que 50 km/h dans un quartier résidentiel, c’est juste trop vite, résume-t-il. C’est 30 km/h à côté de l’école, mais c’est 50 km/h autour où les enfants habitent. Je ne comprends pas la logique.»

Une vingtaine de pancartes sont déjà visibles dans les rues de Sherbrooke dont celle-ci sur la rue Mondor.

Quatre affiches sur de Gaspé

Les problèmes de vitesse et de fort volume de voitures ne se limitent pas au secteur près de Mi-Vallon. Lucie Desgagné, résidente sur la rue de Gaspé depuis 19 ans, a même acheté quatre affiches pour faire réduire la vitesse.

« Ça fait quelques années qu’on réfléchit à se regrouper pour demander des correctifs parce que la vitesse a augmenté et le volume de voitures aussi, explique-t-elle. Quand on a vu l’initiative de M. Duval-Caux, on a embarqué. Mais c’est un problème global. Dans notre société moderne tout va vite et ça va nécessiter une solution globale de la part de la Ville de Sherbrooke.»

Mme Desgagné déposera d’ailleurs sous peu une requête au conseil d’arrondissement pour que des changements soient apportés à la rue de Gaspé d’ici le printemps 2020.

Laurence Guillot, 17 ans, voit d’un très bon œil l’arrivée des pancartes dans sa rue.

« Ça prouve que c’est tellement important qu’il faut le prendre en charge nous-mêmes, lance-t-elle. Il y a de jeunes enfants en face et quand ils jouent avec une trottinette, on a toujours peur. En plus notre rue est en pente alors des gens en profitent pour prendre de la vitesse.»

Un message clair

La conseillère municipale du secteur Rock Forest, Annie Godbout, voit la multiplication des affiches comme un message clair de la part des citoyens.

« Le conseil municipal devra prendre acte de ce mouvement, indique-t-elle. Il va falloir être à l’écoute de ça. Ça fait six ans que je suis critique par rapport à la vitesse dans les rues locales. Il faut envoyer un message clair qu’il faut ralentir, surtout quand il y a des autobus de la STS qui roulent dans les rues à 50 km/h, ce sont des engins qui prennent beaucoup plus de temps à s’arrêter.»

Annie Godbout confirme avoir redemandé en septembre au comité de sécurité publique de se pencher sur la réduction de vitesse à 40 km/h dans les rues.

« On peut commencer par un projet pilote, sans faire du mur à mur parce que ça été un des freins, explique-t-elle. Nos services nous disaient qu’une réduction de vitesse coutait un million de $ en pancartes et ils trouvaient ça élevé. Mais si on y va étape par étape, je pense que c’est un projet qui est réalisable.»

Mme Godbout estime toutefois que c’est le rôle du conseil municipal de réglementer les rues et non celui des citoyens. Elle ne garantit pas non plus que les affiches seront tolérées encore longtemps.

« La réglementation municipale ne le permet pas, mais on comprend que c’est toléré, mais peut-être que le service de police pourrait intervenir un moment donné auprès du service d’urbanisme parce que ce n’est pas aux citoyens de réglementer les rues, c’est notre rôle au conseil municipal de le faire.»