Deux wagons d’un convoi de Saint-Laurent & Atlantique ont déraillé au centre-ville de Sherbrooke le 1er mai 2017. Ils se sont renversés alors qu’ils circulaient sur la voie ferrée située sur la rue Aberdeen, entre les rues des Grandes-Fourches et du Dépôt.

Déraillement de mai 2017 : des wagons étaient mal chargés

EXCLUSIF / Des wagons mal chargés sont à l’origine du déraillement de train survenu en plein cœur du centre-ville de Sherbrooke le 1er mai 2017, a appris La Tribune.

C’est le Bureau sur la sécurité des transports (BST) qui a finalement dévoilé la cause de ce déraillement survenu dans une zone commerciale et résidentielle de Sherbrooke. La compagnie de chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique avait quant à elle refusé de dévoiler les causes du déraillement en les disant « confidentielles ».

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Le convoi circulait à six milles à l’heure (10 km/h) au moment du déraillement.

« Il y a différentes raisons qui peuvent expliquer que les wagons aient été mal chargés. Il est aussi possible que le chargement ait balloté durant le transport », explique Alexandre Fournier du service des communications du BST.

Impossible toutefois d’en apprendre davantage de la part du BST, puisque l’organisme n’a pas fait enquête.

Rappelons que la compagnie de chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique, à qui appartenaient à la fois le train et les rails, avait pu identifier la cause de l’accident, mais avait refusé de la divulguer publiquement en la disant « confidentielle » en raison de la présence d’une mystérieuse « tierce partie » dont elle ne voulait pas dévoiler l’identité. Les demandes d’accès à l’information déposées par La Tribune au ministère des Transports du Canada ont aussi offert bien peu de réponses.

Deux wagons d’un convoi ont déraillé au centre-ville de Sherbrooke le 1er mai 2017. Ils se sont renversés alors qu’ils circulaient sur la voie ferrée située sur la rue Aberdeen, entre les rues des Grandes-Fourches et du Dépôt. Un troisième wagon a déraillé sans se renverser. Par chance, il n’y avait pas de matière dangereuse dans les wagons : l’un des wagons transportait du bois, l’autre des billes de plastique.

Plusieurs questions restent donc sans réponse même si l’on sait que le mauvais chargement des wagons a causé le déraillement. Entre autres, on peut se demander qui est responsable du chargement des wagons : est-ce la compagnie de transport ou bien son client? Quelle est la « tierce partie » impliquée dans cet accident?

Le BST n’a pas enquêté

Le BST ne s’est pas déplacé sur les lieux du déraillement. Le BST est un organisme indépendant créé en 1990. Sa mission principale consiste essentiellement à promouvoir la sécurité du transport maritime, ferroviaire et aérien, ainsi que du transport par pipeline. Les accidents dans le monde du transport sont classés entre I et V. Lors d’un événement de classe I, des enquêteurs du BST sont immédiatement dépêchés sur place, comme ce fut le cas lors de la tragédie de Lac-Mégantic en juillet 2013 par exemple.

« L’accident de Sherbrooke a probablement été classé V, parmi les moins graves. Quand il y a un accident, nos enquêteurs sont en communications avec différents intervenants, que ce soient les exploitants ou les premiers secouristes par exemple, et ils ont probablement déterminé qu’une enquête du BST sur cet accident en particulier n’allait pas permettre de faire avancer la sécurité des transports », ajoute Alexandre Fournier, en précisant que le BST reçoit et analyse quand même tous les rapports faits à la suite de tels accidents.