Les dentistes ont reçu l’ordre de fermer leur clinique dimanche passé. Seuls les cas urgents sont traités. Est-ce que ces professionnels de la santé pourraient prendre part à l’effort contre la pandémie en transformant leur clinique en centre de dépistage? C’est ce que propose l’Association des chirurgiens dentistes du Québec.

Dépistage : les dentistes s’offrent en renfort

Est-ce que les cliniques dentaires fermées pour l’instant pourraient devenir des centres de dépistage pour la COVID-19? Est-ce que les dentistes pourraient eux-mêmes faire des prélèvements? C’est ce qu’a proposé l’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) au gouvernement cette semaine.

« En tant que professionnels de la santé, les dentistes sont solidaires de l’effort de tout le réseau pour vaincre la pandémie. J’ai offert notre aide au premier ministre, plus tôt cette semaine, afin de recruter des dentistes volontaires pour participer, entre autres, au dépistage des cas de COVID-19 », explique le président de l’ACDQ, Dr Carl Tremblay.

Dimanche passé, tous les cabinets de la province ont reçu l’ordre de fermer. Seules les urgences sont traitées pour l’instant. 

Depuis, plusieurs dentistes auraient fait part à leur association de leur volonté de prendre part à la lutte contre la pandémie. 

« Si le gouvernement manque de personnel en santé, si la crise se prolonge ou si des gens du réseau tombent malades, on veut rappeler au gouvernement qu’il peut penser aux dentistes qui, de par leur formation en médecine, comprennent très bien les mécanismes de propagation des infections et ils sont habitués aux mesures de protection comme le port du masque, des gants et du sarrau pour éviter d’être contaminé et de propager la COVID-19 », souligne le Dr Tremblay dans une entrevue accordée à La Tribune.

En plus de participer au dépistage, les dentistes pourraient répondre à la ligne téléphonique d’urgence mise en place par le gouvernement.

« Les dentistes pourraient répondre aux inquiétudes du monde et les rediriger aux bons endroits. On peut aussi aider au niveau de nos locaux simplement. Ce sont des milieux aseptisés qui sont habitués d’être désinfectés. Bien entendu, une clinique qui servirait pour le dépistage ne pourrait plus traiter d’urgences dentaires. Il faudrait que les patients ayant besoin de traitement soient envoyés dans une autre clinique. Ça exigerait une concertation entre les dentistes mais c’est très possible », croit le président de l’association, qui compte quelque 4200 membres.

« Avant de rappeler des infirmières de près de 70 ans qui sont à la retraite, le gouvernement peut penser à nos membres qui sont pour la plupart assez jeunes et qui ont une formation médicale poussée. Le gouvernement a semblé trouver notre proposition intéressante », conclut Dr Tremblay, en précisant qu’il s’agit d’une mesure volontaire uniquement. 

Réengagement à la RAMQ

Devant la situation exceptionnelle de santé publique créée par la pandémie de la COVID-19, près de 1400 dentistes viennent de se réengager dans le régime public de soins dentaires. Ces dentistes s’étaient désengagés en février dernier afin de manifester leur mécontentement devant la lenteur des négociations avec le gouvernement du Québec.